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Procès Lavizzari
26 janvier 2012 16:15; Act: 26.01.2012 16:49 Print
Le promoteur immobilier raconte sa chute
Le promoteur immobilier Carlo Lavizzari a raconté jeudi devant le Tribunal de police de Genève le calvaire de sa «scandaleuse» arrestation et de l'incarcération qui a suivi.
L'ancien promoteur a raconté sa descente en enfer au tribunal. (photo: Keystone)
Il a aussi admis avoir avoir, sous le coup de la colère, présenté un bordereau AVS erroné à la Banque cantonale de Genève. «Vous passez d'une heure à l'autre d'homme respectable à bandit de grands chemins», a déclaré Carlo Lavizzari. L'ex-président du Servette FC a pesé chacun de ses mots pour décrire son arrestation «mal organisée» en 2002. «La police est arrivée toute sirène hurlante, après l'intervention du juge d'instruction», relève M. Lavizzari.
Sa voix se fait plus forte quand il explique avoir passé ensuite quatre heures et demi dans un «pissoir» au 3e étage du Palais de Justice sans connaître les raisons de son arrestation. S'en suit le transfert dans la nuit à Champ-Dollon, son «nouvel hôtel de résidence», où il se retrouve nu comme un ver et passé à la douche.
Fouilles à répétition
L'émotion est vive quand il décrit les pressions psychologiques qu'il déclare avoir subies pour que la justice puisse justifier cette incarcération. «Le juge d'instruction a, dans sa grande probité, mis la main sur le courrier de ma famille pour faire croire qu'elle m'avait abandonné», relève M.Lavizzari.
Il raconte aussi les dix fouilles de sa cellule pendant ses 18 jours d'incarcération. Ou encore les affaires de Marc Fues, l'ex- directeur de la BCGE arrêté en même temps que lui, livrées par erreur dans sa cellule. Enfin, «j'ai été rendu à la liberté comme un malpropre un soir, livré dans la campagne», se remémore M.Lavizzari.
Mauvaise humeur
Le promoteur en veut terriblement à ce juge d'instruction qui lui inspire «honte» et «mépris». Son enquête «calamiteuse» était uniquement à charge, estime le prévenu. Carlo Lavizzari doit répondre de complicité de gestion déloyale aggravée aux côtés de Marc Fues et de Dominique Ducret, l'ex-président de la BCGE. Il est aussi accusé d'escroquerie pour avoir présenté la BCGE un bordereau AVS erroné.
Après sa diatribe contre la justice genevoise, Carlo Lavizzari a reconnu avoir caché volontairement à la banque le fait qu'il avait obtenu une révision à la baisse de ses bordereaux AVS que la banque prenait en charge. «Tout en sachant que j'avais la volonté et la capacité de rembourser», s'empresse de préciser Carlo Lavizzari.
Et d'expliquer que c'est une mauvaise humeur colérique qui l'a amené à commettre cette erreur. «Je suis alors en colère car on oblige ma famille à prendre un engagement complémentaire me concernant, soit plus de 4 millions d'impôts, qui n'auraient pas dû être à ma charge selon à une discussion que j'avais eu à l'époque avec le conseiller d'Etat Olivier Vodoz».
Débiteur défaillant
Le promoteur immobilier retrace aussi la chronologie des événements de cette affaire compliquée. Il détaille comment il a été sollicité à plusieurs reprises par la banque pour gérer la Rente immobilière (RISA). Et surtout comment suite à la crise immobilière des années 90, l'établissement l'a considéré soudainement comme un débiteur défaillant.
Il se retrouve alors dans la situation d'un porteur. En 2001, la banque cède l'ensemble de ses créances à la Fondation de valorisation, mise sur pied pour sauver l'établissement au bord de la faillite. En 2004, la Fondation exerce son droit de préemption et reprend les actions RISA, explique le promoteur. Elle rembourse alors la banque de l'intégralité du crédit à son nom, ajoute-t-il. Le procès se poursuit vendredi avec l'audition des témoins.
(ats)





















