Genève

21 mai 2018 22:37; Act: 22.05.2018 08:08 Print

Aménagements au bord du Rhône: rien ne bouge!

par Maria Pineiro - Les projets de la Ville et du Canton visant à répondre à la fréquentation des berges sont encore bloqués en justice.

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En avril déjà, et ce week-end également, avec le retour à des températures plus clémentes, les bords du Rhône, entre le pont Sous-Terre et la jonction avec l'Arve étaient bien fréquentés, pas encore au niveau des jours de canicule, mais il y avait déjà du monde.

Cette belle animation peinait tout de même à masquer le manque criant d'infrastructures et d'herbe dans ces lieux de plus en plus fréquentés. Ce n'est pas faute de projets que les berges du Rhône côté rive gauche restent année après année inhospitalières, mais parce que les plans de la Ville et du Canton sont bloqués en justice. «Avec les voies de visentrecours, on pourrait en avoir encore pour 3 ou 4 ans», déplore Rémy Pagani, maire de Genève.

Gestion bicéphale

Le lieu est particulier: ici, les berges sont du ressort de la Ville, alors que les infrastructures liées à l'eau sont sous la responsabilité du Canton. Sur terre, la commune envisage de goudronner et d'engazonner la promenade des Saules. Pour rendre les lieux fréquentables au baigneurs et promeneurs, il est également prévu d'installer des toilettes et des douches. «Le recours à la justice fait valoir les intérêts privés de quelques riverains face à l'intérêt de milliers de personnes, s'exclame Rémy Pagani. On m'empêche d'installer des toilettes alors que le lieu est surfréquenté en été. C'est incompréhensible!»

Quant aux infrastructures prévues pour les baigneurs par le Canton, elles visent d'une part à sécuriser la nage en eaux vives par l'installation de deux périmètres de baignade: 500 mètres côté rive gauche ainsi que 80 et 90 mètres côté rive droite. Un ponton continu de 130 mètres est également prévu. La sécurité des nageurs devait être assurée par la pose sur le fleuve de trois bouées afin d'aider les baigneurs, comme en 2017, et en installant davantage d'échelles et d'escaliers afin de faciliter la sortie de l'eau. «Cette situation n'est clairement pas satisfaisante puisque tout est bloqué. Nous avons entamé des discussions avec les riverains afin de trouver une solution», explique Luc Barthassat, conseiller d'Etat chargé du Département de l'aménagement.

Outre les aménagements prévus par les autorités, un projet de café culturel de la coopérative Ressources urbaines est également bloqué par un recours.

Recours contre-productifs

Pour David Simonin, membre du comité de l’Association pour la reconversion vivante des espaces (Arve), qui gère la buvette de la Pointe, le réflexe des riverains face à l'augmentation de la fréquentation est compréhensible, mais contre-productif. «Plus les lieux seront aménagés, plus les gens respecteront l'environnement», estime-t-il. D'après lui, ne pas offrir les infrastructures nécessaires n'empêchera pas les gens de venir profiter de l'eau, «c'est une des conséquences de la densification de la ville. La population est à la recherche d'espaces dans lesquels se détendre». Le projet de parc à la pointe de la Jonction, sur les actuels dépôts TPG pourrait permettre de disperser les usagers et de les pousser plus loin des habitations.« Cela détendra sûrement la situation», juge David Simonin.