Genève

25 mai 2015 20:31; Act: 25.05.2015 22:09 Print

Au nom de la laïcité, l’Etat torpille «L’Arche de Noé»

par Jérôme Faas - Un projet d’opéra pour enfants a été refusé par le Département de l’instruction publique (DIP). Une décision qui provoque des remous.

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L'orchestre de chambre se doit de proposer des spectacles aux enfants. (Photo: dr)

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«Contraire au principe de neutralité religieuse.» La sentence de la Direction générale de l’enseignement obligatoire, tuant dans l’œuf un projet de l’Orchestre de chambre de Genève (OCG), a divisé l’Instruction publique. En février, l’Etat a en effet refusé de participer à la production de «L’Arche de Noé», opéra pour et par les enfants de Benjamin Britten.

L’œuvre au thème biblique implique de faire chanter des enfants et le public, accompagnés par un orchestre. Les paroles, connotées religieusement, sont parfois des prières telles que: «Seigneur Jésus, souviens-toi de moi et lave-moi de mon péché.»

Pour émettre un préavis négatif, le service juridique du DIP s’est appuyé sur l’article 15 de la Constitution fédérale. Celui-ci interdit de contraindre quelqu’un à «accomplir un acte religieux», assimilé ici à chanter une œuvre biblique. Le département précise: avoir accès à une œuvre, oui, bien sûr; y prendre part, non, «d’autant plus que le très jeune âge des participants ne leur permet pas de se déterminer en matière de croyance».

Ce point de vue heurte deux députés ex-enseignants. «C’est de la censure préventive, peste Jean Romain (PLR). Si on pousse l’idée, on ne pourra plus étudier «Notre-Dame de Paris» de Victor Hugo. C’est une amputation de notre culture.» Le Vert Jean-Michel Bugnion juge ce refus «démesuré. La culture est forcément religieuse. La laïcité, c’est placer toutes les religions à égalité, pas les évacuer.»