Prisons (GE)

01 mars 2017 14:02; Act: 01.03.2017 15:39 Print

Clash syndical entre les gardiens et leur chef

par Jérôme Faas - L'absence du directeur de l'Office cantonal de la détention lors d'une cérémonie a vexé le personnel pénitentiaire. Dialogue de sourds.

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Philippe Bertschy, directeur général de l'office cantonal de la détention (OCD), en novembre 2016. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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«Irrespect», «mépris», «dédain» à l'égard des collaborateurs. C'est ainsi que le Groupe Prison de l'UPCP, le syndicat policier, a interprété l'absence de Philippe Bertschy lors de la cérémonie annuelle de promotion des gardiens de Champ-Dollon, mardi. Le directeur de l'office cantonal de la détention (OCD) n'a en effet pas assisté à cet événement protocolaire. L'UPCP y voit une «irrévérence», et l'occasion manquée de «rencontrer le personnel qu'il administre et de le rassurer sur l'évolution du secteur pénitentiaire genevois».

«Comment comprendre» le syndicat?

Porte-parole de l'OCD, Laurent Forestier explique que Philippe Bertschy s'était fait excuser la veille, convoqué par le département «à une séance budgétaire urgente à laquelle il ne pouvait se soustraire». Bref, son absence n'avait rien de symbolique, assure-t-il. Il rappelle néanmoins l'épisode du 4 février: lorsque le haut fonctionnaire avait accompagné des députés à Champ-Dollon, une soixantaine de geôliers l'avaient conspué.

En résumé, observe Laurent Forestier, «lorsque le directeur général se rend à Champ-Dollon, cela est vu par certains comme une provocation; lorsqu'il ne s'y rend pas pour une raison indépendante de sa volonté et dûment communiquée, cela est vu comme du mépris... Comment le comprendre?»

«Grand temps qu'il parte à la pêche»

Nicolas Allaz, président de l'UPCP Groupe Prison, est au contraire persuadé que Philippe Bertschy n'est pas venu à Puplinge mardi en raison des tensions avec le personnel. Mais si tel était le cas, ce que conteste l'OCD, ne serait-ce pas compréhensible, vu les récentes actions de boycott projetées par les syndicats policiers lors d'interventions (finalement annulées) de Monica Bonfanti, la cheffe de la police, et de François Schmutz, chef de la police judiciaire? «A un moment donné, quand vous acceptez une responsabilité, vous devez avoir des gestes d'empathie vis-à-vis du personnel», répond le syndicaliste. Un accueil particulier aurait-il été réservé à Philippe Bertschy? «Cela aurait dépendu de son attitude.»

En l'état, l'UPCP «ne voit pas d'autre issue» au conflit syndical que le départ du patron. «Au 1er janvier, il peut accéder à la retraite. Il est grand temps qu'il annonce à ses collègues qu'il part à la pêche.»