Genève

26 novembre 2014 08:00; Act: 26.11.2014 10:13 Print

Des extrémistes de droite progressent dans l'ombre

par Julien Culet - Sans faire de bruit, des groupuscules d’extrême droite se font une place en Romandie. Qui sont ces jeunes adultes qui défendent ces thèses à Genève?

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Le 8 novembre, les nationalistes genevois s'étaient réunis dans le quartier des Pâquis. (Photo: DR)

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Ils sont à peine sortis de l’adolescence et s’affichent fièrement nationalistes. Luc* (17 ans), Adrien* (19 ans) et Théo* (26 ans) appartiennent à un groupe genevois d’une vingtaine de jeunes d’extrême droite. Une communauté qui ne porte pas de nom, affirmant se reconnaître uniquement dans les valeurs suisses. Une Suisse qui se veut blanche, aux racines chrétiennes. Ils acceptent de parler, malgré une défiance envers les médias, «qui nous dépeignent toujours en néonazis», reproche Luc.

Ils témoignent de l’arrivée d’une nouvelle génération d’extrémistes de droite. Théo, le plus âgé, l’a constaté. «Beaucoup de personnes de mon âge ont abandonné. Mais il y a un éveil des consciences chez les plus jeunes.» Ce qu’ils craignent? «Un remplacement de la population d’origine suisse par des immigrés qui arrivent par bateaux entiers. » Leurs principales cibles sont les musulmans, qu’ils accusent de pratiquer un islam guerrier. Autres chevaux de bataille: les femmes qui veulent s’émanciper et les homosexuels. Autant de catégories de population qui seraient incompatible avec nos valeurs, martèlent-ils.

Un engagement «évident»

Des valeurs, fondations de leur engagement, qui a pris ses racines dès l’enfance. Tous trois ont ainsi un parcours de vie similaire qui les a conduits à embrasser ces thèses. Eduqués par des parents ayant une morale chrétienne bien affirmée, ils voient leur nationalisme comme «une évidence». Les plus jeunes sont encore aux études, dans le social et le commercial. Le troisième est apprenti à la Ville de Genève. Théo a d’ailleurs une histoire plus singulière: né en Amérique du Sud, il a été adopté dans son enfance. «Je vis ici, j’œuvre pour ce pays, même si je n’ai jamais demandé à y venir.»

Dans son action, le groupe ne veut pas faire de bruit. Il organise des rassemblements sans appel public, comme le 8 novembre à la place de la Navigation, dans le quartier des Pâquis. En rang serré, derrière un drapeau à croix celtique, les nationalistes entendaient commémorer l’insurrection de Budapest à l’automne 1956. A l’époque, pourtant, ceux qui s’opposaient au pouvoir communiste n’avaient pas un lien particulier avec l’extrême droite. «Nous soutenons tous ceux qui se battent pour la liberté», justifie Théo. L’hommage aux 2500 morts hongrois, tués lors de la répression, a duré une demi-heure. Il s’est déroulé dans le calme, la police n’est pas intervenue.

Violence rejetée

A la marge, les trois jeunes gens disent ne pas voter. Ils ne se reconnaissent dans aucun parti, pas même l’UDC. «C’est un parti de vieux riches qui se battent pour leurs intérêts. Ils sont libéraux alors que nous nous battons contre la mondialisation», explique Luc. Ils sont en relation avec d’autres groupuscules genevois, souvent violents. Mais ils disent refuser de se battre. «On laisse les petits plaisirs de la ratonnade aux marginaux», indique Adrien. S’ils doivent affronter des opposants, c’est uniquement pour se défendre, assurent-ils. Leur principal but est de créer un réseau d’extrémistes, aussi bien en Suisse qu’en France. «Nous sommes en contact avec des Valaisans, des Neuchâtelois, et des Lyonnais», explique Luc.

Mais ont-ils des liens avec des groupes néonazis? Difficile d’obtenir une réponse claire. «Il n’existe pas qu’un seul nationalisme. Nous, nous ne voulons pas envahir les autres», répond vaguement Luc. La question du nazisme est sensible. «C’est le passé, on ne parle pas de ça», assène Adrien.

Milieux favorables à l'extrémisme

Cette montée de l’extrémisme chez les jeunes suisses, diverses études l’ont démontrée. «Depuis les années 1980, l’UDC s’est repositionnée en incluant à côté de la droite traditionnelle aussi l’extrême droite. Les discours de type xénophobe sont ainsi entrés dans les institutions et ont gagné en légitimation», explique le sociologue genevois Sandro Cattacin. Il se dit étonné que ce groupe ne se reconnaisse pas dans le parti agrarien.

Pour expliquer qu’un jeune se tourne vers l’extrême droite, le cercle familial a de moins en moins d’importance. «Les parents ont moins d’impact sur la construction de l’opinion de leurs enfants. Ils ont été remplacés par les pairs», explique le chercheur. Théo est apprenti, un milieu favorable à l’éclosion d’extrémistes, selon Sandro Cattacin. «Dans l’apprentissage, il y a une forte proportion de jeunes issus de l’immigration. Mis en concurrence avec eux, les Suisses peuvent réagir en devenant réactionnaires.»

«On ne peut rien bâtir avec eux»

Le chercheur se dit inquiet pour l’avenir de ces extrémistes. «J’ai peur pour eux, car on ne peut pas construire avec eux. Ils sont en marge de la société, ce que j’ai appelé le concept de misanthropie», poursuit le sociologue. D’après lui, la discrétion de ce groupe ne pourra pas durer. «Tant qu’ils cachent leur jeu et partagent leur rage sans agir, ils n’existent pas dans la société.»

* Prénoms d'emprunt

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Les commentaires les plus populaires

  • Alex le 26.11.2014 09:28 Report dénoncer ce commentaire

    Interloqué

    Je suis quand même interloqué du nombre d'articles en première page du 20min (et pas seulement) sur l'extrême droite. On aura bientôt le droit à un article par jour. Et quand c'est l'extrême gauche qui casse tout pour qu'au final, les impôts servent à payer des millions de dégâts, c'est silence sonore. Le mieux étant des articles basés sur des antifas pour nous expliquer ce qu'est l'extrême droite. Quand le journalisme devient une vaste blague...instrumentalisée...!

  • Guillaume Tell le 26.11.2014 09:46 Report dénoncer ce commentaire

    La faute à qui????

    C'est formidable défendre son pays vous êtes extrémiste, mais qui son les vrais responsables, son nos politiques qui ne font rien pour nous. Si vous sortez du moule socialiste on vous catalogué d'extrémiste. Il on le droit d'avoir une autre pensée.

  • Kurt Sempach le 26.11.2014 09:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils ne sont pas malins

    Mais sans justifier cela, on peut comprendre le chemin qui les amène à de telles extrémités vu comme le gouvernement ce fout de ce que le Peuple vote et ce qui se passe avec l'EI...

Les derniers commentaires

  • jl le 27.11.2014 01:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    jl

    l extreme droite me fait bien rire. il y a quelques annee c etait les juifs qui etais pris pour cible aujourd hui les musulman et demain sa sera qui les bouthistes quand sa sera la chine qui dominera le monde haha toujours entrain de chercher un ennemi a l interieur regardez vous en face la religion n a rien avoir avec la politique car c est le secret des coeurs chaqun est libre de croire a ce qui veux

  • Vancliff le 26.11.2014 22:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Progressent comme ils disent

    Les extremes convergent a un certain moment dans leur ideologie c est ca le plus etonnant. L udc de vieux riches pensant a leurs interets c est pas tant de droite de dire ca. Jeunes et pas tant conscient de la complexite politique et economique de nos societes cela a tjr existe et reste marginal. 2 nouveaux membres sur 20 c est 10% de progression, impressionnant!

  • Jean-claude le 26.11.2014 22:48 Report dénoncer ce commentaire

    assez minable

    Des bandes de gamins qui n'ont pas grand chose dans la tête...

  • Unik le 26.11.2014 21:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Titre

    Certaines personnes veulent obliger les européens blancs ´´de souche à culpabiliser pour des choses auxquelles ils n'y peuvent rien au final c'est nous les victimes, mais je ne me fais pas de souci pour l'avenir car je suis persuadé que toute cette mascarade cessera et les gens ouvriront leurs yeux. Même si l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, elle sera toujours meilleure chez soi.

  • Homo Sapiens le 26.11.2014 19:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste avenir

    Pendant qu'on s'occupe d'eux les banlieues font le plein d'armement et de munition en tout genre, alimenté par le trafic....et les copains revenus du sud-est...l'avenir sera malheureusement, si les états basculent encore plus dans l'inefficacité et le ridicule politique, dans la barbarie et les gangs ! Les films de SF des années 80 deviendront réalité .... mais continuons de faire semblant que tout va bien et bouffons nos pilules du bonheur, rajoutez les guerres ethniques, religieuses et on a le bon cocktail. Quand l'humain à peur, il se regroupe...