Genève

12 juillet 2018 07:07; Act: 13.07.2018 01:34 Print

Des moutons broutent les espaces verts du cimetière

par Léonard Boissonnas - Un troupeau fait de la tonte écologique dans le cimetière genevois de Saint-Georges. Lausanne en emploie aussi, avec succès.

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Des moutons qui mangent l’herbe de pâturages situés entre les carrés de pierres tombales: c’est la scène à laquelle peuvent assister depuis le 27 juin les visiteurs du cimetière de Saint-Georges. La Ville de Genève emploie en effet dix ovidés, des Roux du Valais, pour tondre trois surfaces à hautes herbes de 1600 m2 chacune. Pour autant, aucun risque de les voir dévorer les fleurs des sépultures ou se balader dans les allées: les animaux sont parqués dans un enclos.

Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités d’encourager la biodiversité dans les espaces verts de la Ville, comme le rappelle le conseiller administratif Guillaume Barazzone, chargé de l’environnement urbain: ««Le but est d’arriver à zéro produit phytosanitaire d’ici 2020», indique-t-il, précisant que c’est déjà le cas à Saint-Georges.

«Ouvrir les cimetières»

Le dispositif participe aussi du désir de la Ville d’«ouvrir les cimetières, d’ordinaire confinés», explique Esther Alder, conseillère administrative chargée de la cohésion sociale: «Ces lieux sont des espaces de recueillement, mais aussi de détente», déclare la magistrate. Elle rappelle que des concerts sont par exemple organisés dans la chapelle de Saint-Georges ou qu'un parcours historique a été mis en place.

L’apport des moutons est en outre économique. Cela permet aux onze employés qui entretiennent les lieux, de vaquer à d’autres tâches, comme de s’occuper du columbarium. «Ce n’est pas juste pour faire joli, ça nous rend vraiment service», résume Jean-Gabriel Brunet, adjoint de direction au Service des espaces verts.

Six semaines à Saint-Georges

Les dix bêtes ont en tout six semaines pour effectuer leur tâche à Saint-Georges, puis, selon une système de rotation, elles iront paître dans trois parcs (La Grange, Beaulieu, verger des Crêts) avant de revenir au cimetière à l’automne. Un berger est chargé de passer tous les jours pour s’assurer de leur bien-être. Tous les critères vétérinaires sont respectés, précise Jean-Gabriel Brunet.

Quant à la paix des morts, une étude a été menée auprès de plusieurs villes suisses, comme Zurich, Bâle ou Lausanne (voir encadré) qui avaient déjà tenté l’expérience. Les retours étaient positifs, selon la Ville. A l’image des propos de cette usagère du cimetière de Saint-Georges, interrogée sur la présence des moutons: «Cela ne me dérange pas du tout, au contraire, déclare-t-elle. J’aime les animaux et je préfère en voir comme eux, à l’air libre, plutôt que confinés.»