Genève

23 février 2017 20:42; Act: 23.02.2017 21:24 Print

Des pompages qui épuisent les rivières

par Léonard Boissonnas - Pêcheurs genevois et français s'inquiètent du niveau de plus en plus bas de certains cours d'eau. Le Canton veut agir rapidement.

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Depuis quelques années, les petits cours d'eau s'assèchent de plus en plus. (Photo: dr)

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Des parcours de golf tout verts d’un côté et des rivières peu pourvues de l’autre: les pêcheurs genevois s’insurgent contre certains pompages effectués du côté français. Pas assez encadrés, ceux-ci pèseraient lourd dans les faibles débits de rivières telles que l’Allondon, la Drize ou l’Aire. «Cela provoque des soucis d'assèchement et met notamment en péril la population piscicole», explique Maxime Prevedello, président de la Commission genevoise de la pêche. Ces captages peuvent aller du particulier qui utilise illégalement l’eau d’une rivière pour arroser son jardin à des pompages autorisés réalisés par certaines collectivités ou entreprises.

Jusqu'à 60% des débits minimaux extraits

Rappelant que, selon une étude de la Communauté de Communes du Genevois (F), jusqu'à 60% des débits minimaux sont pompés ou captés, la Fédération des Sociétés de pêche genevoises a saisi les autorités cantonales. Elle leur a adressé à l'automne une résolution, signée également par les associations de pêcheurs de l’Ain et de Haute-Savoie (F). Le texte réclame la mise en place d’une stratégie transfrontalière pour garantir en tout temps des débits suffisants. «On dépense des millions pour renaturer des rivières, mais d’un autre côté, on laisse ces cours d’eau s’assécher, c’est paradoxal, souligne Maxime Prevedello. On doit tirer à la même corde des deux côtés de la frontière. Il faut qu’on agisse.»

Du côté haut-savoyard, l’Association des pêcheurs amateurs du lac Léman français partage les inquiétudes suisses: «Tous nos cours d’eau sont très bas, indique son président, Jean-Patrick Mauger. Des deux côtés de la frontière, les constats sont les mêmes. Du point de vue associatif, on ne peut faire que signaler le problème et alerter nos autorités», déplore-t-il.

Des dizaines de millions investis

Le Département de l'environnement, des transports et de l'agriculture genevois (DETA) confirme, lui, les observations des pêcheurs suisses et français. Il «regrette que malgré les dizaines de millions de francs investis des deux côtés de la frontière pour sauvegarder nos cours d’eau communs, dans le cadre des Contrats de rivières transfrontaliers, le plein succès de l’opération soit compromis par des prélèvements mal contrôlés.»

Le chef du DETA, le conseiller d'Etat Luc Barthassat, a indiqué aux pêcheurs début février que son département «s'est saisi de cette problématique et la prend très au sérieux. Un groupe de travail spécifique a été constitué dans le cadre de la Communauté transfrontalière de l’eau pour mettre sur pied une série d'actions à brèves échéances.»