Acacias (GE)

24 novembre 2013 22:47; Act: 25.11.2013 00:02 Print

Des sans-papiers payaient pour loger sur un balcon

par Julien Culet - Un entrepreneur a exploité des immigrés pendant plusieurs mois. Aujourd’hui en faillite, il pourrait échapper à la justice.

Une faute?

«Nous étions traités comme des animaux!» L’ancien patron d’Antonio* lui avait promis un logement pour vivre avec sa femme et sa fille de 11 ans. Arrivée légalement en Suisse, cette famille espagnole s’est retrouvée entassée avec une demi-douzaine d’autres personnes dans un petit appartement sous-loué au 14 rue Gustave Revilliod, aux Acacias.

En plus du patron équatorien et de sa fille, trois à quatre autres sans-papiers y logeaient. Parmi elles, un couple de péruviens dormait sur le balcon. Un lit était facturé 800 francs par mois, la place sur le balcon coûtait elle 300 francs. Si les employés sont tous partis, deux hommes vivent encore dans une camionnette vétuste garée quelques rues plus loin.

La journée, les hommes partaient travailler sur des chantiers. «Nous devions tout faire: maçonnerie, plomberie, peinture,… Le tout sans être rémunérés!» En effet, depuis avril, Antonio dit n’avoir touché que 1000 francs. C’est pour cela qu’il a quitté l’endroit à la mi-octobre. «Ma famille m’a rejoint en août. Nous sommes partis deux mois après en voyant que notre situation ne s’améliorerait pas.»

Au syndicat SIT, on se dit pessimiste vis-à-vis d’une suite judiciaire. «Malheureusement, l’entreprise s’est mise en faillite. Elle ne peut donc plus être attaquée aux prud’hommes, déplore Jorge Klappenbach, qui s’est occupé du dossier. Et il est souvent difficile de prouver que cela a été fait de manière frauduleuse.»
Malgré nos appels répétés, nous n’avons pu joindre l’entreprise.

*prénom d’emprunt