Genève

07 mai 2018 12:14; Act: 07.05.2018 17:58 Print

Elections: dérapage homophobe d'un ex-élu

Un ancien député PLR qualifie de «lamentable» l'élection d'un «homo» au Conseil d'Etat. Son parti condamne fermement.

storybild

(Photo: FB)

Sur ce sujet
Une faute?

Déçu par l'éviction de Luc Barthassat du Conseil d'Etat dimanche, l'ancien député PLR René Desbaillets a tenu des propos homophobes à l'encontre de Thierry Apothéloz sur Facebook. Sur le mur du PDC défait, René Desbaillets regrette l'élection, qu'il juge «lamentable», du socialiste, sans pour autant le nommer. Il le qualifie d'«homo» et de «beau-parleur».

Cette déclaration a immédiatement provoqué des réactions très vives des internautes: «Vous n'avez pas honte?», «C’est vil et pathétique de votre part», «Vous êtes vomitif et triste». Dans un premier temps, René Desbaillets a répondu à ses réactions par la provocation, jusqu'à faire un amalgame douteux entre homosexualité et pédophilie.

Retrait tardif

Son post a été repris et abondamment commenté et fustigé. Les membres du réseau social ont par ailleurs appelé à boycotter les productions du vigneron genevois. Face à ces réactions, dans un deuxième temps, René Desbaillets a modifié ses propos, retirant toute mention à l'homosexualité.

Lundi matin, sur son mur, le PLR s'est excusé: «J’ai eu des propos sur Facebook inacceptables à l’égard d’un Conseiller d’Etat élu hier (ndlr: dimanche). Je regrette ceux-ci et lui présente mes excuses ainsi qu’à toutes les personnes que j’ai pu choquer.» Mais le mal est fait, puisque des captures d'écran circulent désormais sur le réseau social.

Joint par téléphone, René Desbaillets fait profil bas. «J'étais déçu du résultat de l'élection, se justifie-t-il. Mais je m'excuse, j'ai été malhonnête et trop loin.» Il se dit conscient du caractère blessant de ses propos, tout en restant confus quant à son avis sur l'homosexualité ou sur l'amalgame avec la pédophilie.

«Propos inacceptables»

Ces déclarations choquent dans les associations de défense des homosexuels. Ainsi, à Dialogai, Christophe Catin, directeur administratif, juge «gravissime de réduire quelqu'un à sa sexualité, de la mettre avant ses compétences». Quant à l'amalgame entre homosexualité masculine et pédophilie, il la qualifie de «manque de culture», tout en estimant que cela justifie l'existence des associations LGBT. Christophe Catin se dit tout de même rassuré de voir à quel point ces propos sont fustigés.

Contacté, le président du PLR genevois Alexandre de Senarclens «condamne fermement des propos détestables et inacceptables». Le parti n’envisage cependant pas de sanctions. Il indique que René Desbaillets n’est qu’un membre parmi les 3300 que la formation bourgeoise compte au bout du lac et estime que le vigneron de Satigny s’est exprimé en son nom propre. «Ses écrits ne sont pas attribuables, de près ou de loin, au PLR, souligne Alexandre de Senarclens. Dans notre parti, nous ne nous posons pas la question de l’orientation sexuelle des gens, qui ne nous regarde pas.»

Thierry Apothéloz n'a pas souhaité faire de commentaires.

(dra/mpo)