Genève

02 octobre 2017 16:54; Act: 02.10.2017 20:49 Print

Ex-politicienne jugée pour détournement de fonds

Une ancienne candidate au Conseil d'Etat genevois est accusée d'avoir détourné 488'000 francs des comptes de sa pupille.

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Le Palais de justice du canton de Genève. (Photo: Keystone)

Une faute?

Le procureur Yves Bertossa a requis, lundi, une peine de prison ferme pour une ancienne candidate MCG au Conseil d'Etat genevois accusée d'avoir détourné à son profit 488'000 francs des comptes d'une vieille dame dont elle était la curatrice. Daniel Zappelli, l'avocat de la prévenue, a demandé, pour sa part, une peine compatible avec le sursis complet.

«Un emprisonnement posera des problèmes sur le plan du suivi thérapeutique de ma cliente», a relevé M.Zappelli dans sa plaidoirie. Il va aussi engendrer un retard dans le travail de reconstruction entrepris par la prévenue, aujourd'hui âgée de 40 ans, sans parler des conséquences sur les deux jeunes filles qu'elle élève.

«Je suis vraiment désolée», a déclaré la prévenue devant le Tribunal correctionnel de Genève. «Si je pouvais retourner en arrière, je ferais en sorte que cela ne se reproduise pas». L'accusée a encore souhaité pouvoir continuer à s'occuper de ses filles. Elle a aussi affirmé avoir changé et évolué.

Une faute lourde

Le représentant du Ministère public, de son côté, a insisté sur la lourde faute commise par l'accusé. Les détournements d'argent ont duré de 2003 à 2014. «Au niveau de l'intensité délictueuse, il est difficile de faire mieux», a souligné M.Bertossa. Pour lui, le mobile est simple: l'appât du gain.

«Vous saviez dès le troisième prélèvement que ce que vous faisiez était illégal», a lancé le procureur, s'adressant à la prévenue. La victime était une dame âgée, isolée socialement et souffrant d'alcoolisme. «C'est avec son argent que vous êtes partie en vacances, dans de grands hôtels, chez le coiffeur ou la manucure».

La prévenue a également «siphonné en quelques mois», sans scrupule, un héritage de 80'000 francs qu'avait reçu sa pupille, a ajouté M.Bertossa. Ce dernier a déclaré ne pas s'opposer à une peine assortie d'un sursis partiel. Il serait d'accord que la peine ferme prononcée soit purgée grâce au port d'un bracelet électronique.

La charge de curateur est noble et elle signifie prendre soin d'une personne, a rappelé l'avocat de la victime, Philippe Juvet. «Or, vous avez nui à cette dame, mais aussi à l'Etat de Genève pendant 10 ans», lui a-t-il dit. «Votre pupille avait pourtant confiance en vous».

Personnalité narcissique

L'accusée, qui avait également été candidate à la candidature à la Cour des comptes pour le PDC, a, selon l'expert psychiatre qui l'a analysée, une personnalité narcissique. Elle souffre aussi d'un trouble de l'attention. Sa responsabilité, au moment des faits, était cependant pleine et entière, a indiqué le médecin à la barre.

L'accusée a fait des études de droit et a commencé sa carrière en tant que notaire stagiaire. Elle a ensuite travaillé dans la banque, avant d'être embauchée à l'Etat de Genève, où elle a fini par gagner plus de 150'000 francs par année. Aujourd'hui, elle a entamé des études de théologie pour devenir pasteur en aumônerie.

Dans cette affaire, l'Etat de Genève s'est aussi porté partie plaignante. Il a en effet remboursé à la victime les sommes qui lui avaient été volées et pris sa place devant les tribunaux pour récupérer son dû. Le Tribunal correctionnel rend son verdict mardi.

(nxp/ats)