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Mythe
28 avril 2011 18:46; Act: 28.04.2011 19:32 Print
Fin de la mecque genevoise du skate
par Irène Languin - Victime de casses en série, le shop associatif Pulp68, établi à Vernier (GE), met la clé sous la porte. Son patron espère trouver des solutions pour sauver son patrimoine.
Jim Zbinden dans sa mini rampe à Pulp68. (Photo: Alex Boimond)
«Je suis à bout, soupire Jim Zbinden. Ca ne s’arrêtera jamais.» Le fondateur du mythique Pulp68 jette l’éponge. Il a récemment annoncé sur son site la fermeture à la fin de l’année de son magasin associatif sis au 115, route de Vernier à Genève. Trois cambriolages en six mois ont eu raison d’une motivation qui alimentait le collectif depuis 16 ans.
Une aventure urbaine itinérante de 16 ansFondé en 1995, le collectif Pulp68 s’est fixé comme mission de défendre les pratiquants de skate et de snowboard. L’association tient le rôle de médiateur entre les skaters, les piétons et les communes genevoises. Elle promeut aussi les jeunes talents en les aidant dans leur démarches pour dénicher budgets et sponsors. D’abord établi aux Eaux-Vives puis au squat de la Tour, Pulp68 a fait les belles heures d’Artamis avant de s’installer à la route de Vernier, lorsque le site de l’espace culturel de la Jonction a été fermé en 2008 pour décontamination du sol.
Le dernier casse s’est produit début avril, durant la nuit. «Ces voleurs ne s’intéressent pas au skate, raconte Jim. Ils ont explosé une vitrine à 4000 francs afin de voler une seule paire de baskets Jordan. Pour les autres chaussures exposées, il n’y avait qu’un pied...» Car Pulp68, c’est aussi un musée du skate que les boarders du monde entier viennent visiter. Et le local dispose de la seule rampe indoor du canton.
Sauvegarder le patrimoine
Mettant ses compétences au service des jeunes talents depuis sa création, le collectif est soutenu par les autorités. «La nouvelle de cette fermeture m’attriste beaucoup, réagit Claudio Deuel, délégué à la jeunesse de la Ville de Genève. D’autant que j’étais en train de me battre pour qu’ils puissent rester sur ce terrain.» Les réactions sont vives aussi sur le web, où les internautes déplorent la fin d’un des «derniers lieux de «culte-ture» genevois».
Jim Zbinden espère que le patrimoine constitué depuis des années trouvera repreneur. Il réfléchit à des solutions alternatives, comme faire de Pulp68 une marque. «Je ne veux plus du shop sous cette forme. Il faudrait des fonds importants pour déménager. Mais je suis prêt à vendre le concept à une collectivité ou à un mécène privé, sourit-il. Et je ne suis pas du genre à ne pas croire aux miracles!»




















