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Genève
22 février 2012 23:00; Act: 23.02.2012 09:26 Print
Frontaliers: un élu PS apporte un soutien inattendu
par Henri Della Casa - Le conseiller municipal socialiste Alberto Velasco affirme comprendre les déclarations récentes du directeur des HUG. Bernard Gruson préconise en effet de ne plus recruter des cadres frontaliers
Alberto Velasco (à g.) n'est pas du même avis que son président de parti, René Longet. (photo: Keystone)
Alberto Velasco jette un pavé dans la mare. Le conseiller municipal socialiste apporte son soutien dans une lettre à Bernard Gruson, directeur des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui préconisait récemment de discriminer les cadres frontaliers. Pour l’élu de gauche, il y a actuellement une langue de bois autour de la problématique des frontaliers. «C’est comme si les loups avaient été lancés contre M.Gruson, s’étonne-t-il. Genève est encore souveraine que je sache! On ne vit pas encore en République française.»
Dans sa lettre, l'ancien député n'y va pas par quatre chemins: «Dans un canton qui se paie le luxe d’avoir 20'000 sans emploi, avec université, Hautes écoles, EPFL à 50 km, et j’en passe, il n’est pas sain qu’une collectivité soit obligée de faire appel à des résidents bien au-delà des frontaliers, dans une telle proportion, pour diriger ses services et palier ses carences!»
Le Parti socialiste critique son camarade
Pour Alberto Velasco, le vrai problème réside dans la libre circulation, «un enfer» qui péjore selon lui le statut de tous les travailleurs, genevois comme frontaliers. L’ancien député dit réagir «en tant qu’élu, au nom des sans emploi du canton, qui éprouvent beaucoup de souffrance.»
René Longet, président du Parti socialiste genevois, estime que son élu se trompe de combat. «Le directeur parle de promotion, et non d'embauche. Alberto Velasco, comme de nombreux autres, est tombé dans le panneau.» Selon lui, la position de Bernard Gruson est purement aberrante. «Un tiers des 300 000 places de travail à Genève sont occupées par des individus qui résident hors de Genève. Si le directeur des HUG ne veut qu'engager des Genevois, qu'il leur trouve alors des logements», s'insurge René Longet. Et l'ancien maire d'Onex de poursuivre: «Si l'on fait ce que propose M.Gruson, on peut oublier ce que l'on appelle «l'agglo»».
Discrimination positive
Quant à l'idée que Genève doit d'abord défendre ses habitants, René Longet rétorque que «dans ce cas, les Français vont bientôt nous dire de cesser d'acheter des terrains chez eux.»
Le président socialiste ne manque toutefois pas de rappeler qu'il y a bel et bien un problème d'embauche à Genève. «Je suis favorable à une responsabilisation des entreprises, lesquelles devraient engager un certain quota de catégories de personnes défavorisées à l'embauche, comme les jeunes ou les plus de 50 ans.»




















