Genève

21 avril 2017 07:11; Act: 21.04.2017 08:29 Print

Jeux vidéo au menu des activités extrascolaires?

par David Ramseyer - La Ville pourrait bientôt proposer des cours consacrés à des jeux en réseau. Porté par des privés, le projet entend aussi combattre les addictions.

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(Photo: AFP/Robyn Beck)

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«On n'est pas là pour encourager les jeunes à jouer: ils le font déjà. Nous voulons les aider à privilégier la qualité plutôt que la quantité», insiste Nicolas Pidancet, du comité de Geneva E-Sport. La fédération genevoise de jeux vidéo, qui regroupe une dizaine d'associations, souhaite organiser des cours dans le cadre des activités extrascolaires de la Ville de Genève. Son projet a déjà fait l'objet de plusieurs rencontres avec l'administration. «Il est à bout touchant», précise le conseiller administratif Sami Kanaan, chargé de la culture et des sports.

A raison de deux heures hebdomadaires pour quelques 40 fr. par semestre, des coaches encadreraient des jeunes de 12 à 17 ans appelés à évoluer en équipe sur trois titres: «League of Legends» (stratégie et réflexe), «Hearthstone» (jeux de carte) ou «Super Smash Bros» (combat). «Les notions de respect et de fair-play font partie des vertus pédagogiques que nous voulons transmettre», précise Romain Bodinier, président de Geneva e-sport.

Eviter le jeu compulsif

Les cours doivent permettre aux participants de développer leur dextérité et les techniques de jeu. L'objectif n'est pas seulement d'exploser les scores. Mieux savoir jouer permet aussi aux gamers de ne pas passer des heures à s'acharner compulsivement sur une partie.

L'encadrement des coaches, tous au bénéfice d'une expérience pédagogique avec des ados, vise aussi à les sensibiliser au jeu compulsif. «Il y aura des interventions régulières de spécialistes du jeu abusif, confirme Nicolas Pidancet. Les cours nous permettront aussi d'échanger avec les parents, c'est très important».

Intérêt du monde scientifique

Spécialiste à l'Université de Genève de l'impact des nouvelles technologies sur le cerveau, Daphné Bavelier applaudit la démarche. «La sensibilisation à l'utilisation saine ou malsaine des outils informatiques n'existe quasi pas dans le cadre institutionnel», note la professeur en psychologie.

Selon elle, il n'existe aucune étude sur la corrélation entre sensibilisation et baisse de l'utilisation à risque. «Cela paraît logique, mais ce n'est pas démontré scientifiquement. Ces cours serviront donc aussi à récolter des données sur la question. C'est une excellente chose!»