Genève

17 juillet 2013 06:25; Act: 17.07.2013 19:52 Print

La gare de Chêne-Bourg ripée sur 33 mètres

Afin de permettre la construction de la future station CEVA en souterrain, la gare actuelle de Chêne-Bourg (GE) a été déplacée d'une trentaine de mètres mercredi matin.

Une faute?

Quatre heures auront suffi mercredi matin pour déplacer les 710 tonnes de l'ancienne gare de Chêne-Bourg (GE) sur 33 mètres.

Le bâtiment datant de 1887, d'inspiration néoclassique, cède la place à la future gare souterraine de la ligne ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA).

Le ripage a commencé peu avant 08h00 pour s'achever vers 12h00, alors que sa durée était estimée à cinq heures, arrêts compris. Mis à part de minuscules corrections dans l'axe du bâtiment d'une surface de 140 m2, l'opération s'est passée sans incident. «Le challenge se situe dans la répartition des charges», a commenté sur place le directeur du projet CEVA, Antoine Da Trindade.

Les travaux préparatoires ont commencé fin avril, une fois que la liaison ferroviaire entre Chêne-Bourg et Annemasse (F) a été interrompue. Le sol a été abaissé autour de l'ancienne gare et jusqu'à son emplacement final. La surface a été recouverte de béton pour pouvoir poser les rails nécessaires au ripage, et les futures fondations du bâtiment ont été construites.

Les rails ont été insérés sous la gare, qui a été soulevée grâce à vingt verrins. Les fondations ont été sciées afin de désolidariser l'édifice du sol. L'immeuble, qui comprend un corps central de deux étages et deux ailes d'un étage, a été solidifié par une sorte de ceinture en béton de 50 cm de hauteur et des tiges en acier.

Centaines de curieux

Mercredi matin, le bâtiment a été soulevé et déplacé au-dessus de la découpe, avant d'être tiré par des câbles fixés à la ceinture en béton. «Des patins ont été placés entre les verrins et les rails, et de la graisse permet d'éviter tout grippage. Le risque est que ces patins bougent», a relevé M. Da Trindade. Vingt ouvriers participaient à la manoeuvre.

Désormais mise à l'inventaire, l'ancienne gare a été tirée par à-coups. Plusieurs arrêts ont été nécessaires pour notamment surveiller l'alignement des patins et mesurer la longueur des câbles placés aux deux extrémités de l'édifice. Une fois à destination, il a été posé sur ses nouvelles fondations.

Malgré la chaleur, cet événement historique a attiré des centaines de curieux, essentiellement des habitants de la commune. Les 400 cafés offerts à l'occasion avaient trouvé preneur avant 9 heures.

Affectation non décidée

Le coût de l'opération se monte à 1,3 million de francs. «Alors que tout bouge avec le CEVA, il s'agit de conserver un élément du paysage, témoin historique de la ligne, et de permettre de lever des oppositions liées au patrimoine», a déclaré la conseillère d'Etat Michèle Künzler, en charge du Département de la mobilité. L'affectation future du bâtiment n'a pas encore été décidée.

Dans le cadre de la réalisation du CEVA, une salle de gym avait été déplacée pour permettre l'élargissement des quais de la gare Cornavin. Quant à la gare des Eaux-Vives, également située sur le tracé de la ligne ferroviaire, elle sera détruite. Cet édifice de 1887 avait fait l'objet d'une demande de mise à l'inventaire qui avait été rejetée en raison de son intérêt patrimonial limité.

Les travaux de gros oeuvre du CEVA ont commencé en février 2012. Mercredi, le directeur du projet s'est déclaré satisfait de leur avancement. Le chantier entrera dans une phase critique lors de la construction des tunnels, à l'automne à Pinchat et au Bachet, début 2014 à Champel et quelques mois plus tard à la hauteur de la gare des Eaux-Vives. La mise en service de la ligne est prévue pour fin 2017.

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