Genève

17 août 2011 09:15; Act: 17.08.2011 11:12 Print

Le fils de diplomate agressé raconte

Victime d'une bande de malfrats en juillet à Genève, le jeune homme dit ne pas avoir voulu mourir pour fêter ses 20 ans. Il suit actuellement une rééducation.

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L'Illustré a rencontré Daniel G. au poste des police des Pâquis. (Photo: dr)

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Daniel G. est encore sous le choc. Dans la nuit du 16 au 17 juillet, cet Américain d'à peine 20 ans se fait agresser sur le pont de l'île par un groupe de jeunes. Résultat: deux fractures lombaires, des hématomes sur le ventre, un poignet fracturé et une arcade sourcilière en miettes.

Dans une interview accordée à «L'Illustré», Daniel, le visage tuméfié, raconte. «Nous avions passé la soirée dans une boîte, le Petit Palace. Au petit matin, je raccompagnais un ami. J'ai fait quelques pas au niveau de l'hôtel Mandarin. En face il y a des arbres et il fait beaucoup plus sombre, je n'ai pas vu qu'il y avait une bande. Un type m'a demandé de quelle nationalité j'étais. Je n'ai jamais eu honte d'être Américain, je n'allais pas me défiler. Il est devenu très vite agressif et insultant: «Fils de pute américain, on va te faire la peau!» a-t-il crié.»

Ils voulaient le jeter dans le Rhône

Le jeune homme se retrouve alors encerclé par une dizaine de personnes «d'origine maghrébine». Il reçoit des coups dans le dos, au visage et notamment avec un bâton télescopique. Daniel perd alors connaissance. A son réveil, les malfrats tentent de le jeter dans le Rhône.

J'ai eu une trouille terrible, explique-t-il. «J'enseigne la natation, mais avec mes douleurs dans le dos je n'avais aucune chance de m'en sortir. J'ai tenté le tout pour le tout, accroché le coup d'un des types.»

«Je ne voulais pas mourir, je voulais fêter mes 20 ans...»

L'homme finalement s'en sortira par la force du désespoir. «Je ne voulais pas mourir, je voulais fêter mes 20 ans quatre jours plus tard. (...) J'ai vécu un cauchemar, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Quand je suis rentré chez moi, je me suis mis à pleurer.»

Depuis cette histoire, Daniel a fêté ses 20 ans et a passé son été à Toulouse (F) chez son oncle médecin où il a suivi une rééducation. Mais l'incompréhension demeure. «Ils ne m'ont pas pris mon portefeuille, ni mon iPod, indique-t-il. J'ai failli mourir pour un simple accès de haine. (...) Je mettrai du temps à effacer ce cauchemar.»

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