06 décembre 2007 23:00; Act: 07.12.2007 09:58 Print

Le témoignage de trois escort girls

Pamela est une étudiante française de 22 ans. Claudia, un mannequin français de 21 ans. Et Barbara, 25 ans, est une jeune fille au pair polonaise. Des parcours très différents, mais un point commun: elles sont escort girls à Genève.

Une faute?

– Vous avez toutes déjà un métier. Pourquoi être escort girls?
Pamela. – D’abord j’étudie dans une école privée. Elle coûte cher. Ensuite, j’aime prendre soin de moi. J’aime le luxe. Et être escort me permet d’acheter des produits de marque, tels que du maquillage haut de gamme, des vêtements haute couture, de belles voitures. Je suis ainsi totalement indépendante financièrement. Si je veux partir un week-end au soleil, je pars. Je gagne vraiment bien ma vie sans y laisser ma santé.

Claudia. – Je suis escort girl pour pouvoir réaliser mon rêve: entrer dans l’école d’hôtesses de l’air en mars prochain. Cela me permet de gagner vite les frais d’écolage. Avec comme seul revenu le mannequinat, je ne m’en sortais pas.

Barbara. – Je n’ai pas besoin d’argent. Si je fais ce métier, c’est par solitude. Cela fait six ans que je vis à Genève. J’ai été déçue par des prétendus amis et par les hommes aussi. Je me suis retrouvée seule. A l’agence, j’ai retrouvé une petite famille.

– Comment êtes-vous arrivée dans ce monde?
P. – Je suis arrivée à Genève il y a trois mois. J’ai vu une annonce de l’agence Escort VIP International. ça m’a paru sérieux et je me suis lancée. ça faisait un moment que j’y pensais, mais je n’avais jamais oser franchir le cap.

C. – Moi aussi, j’ai vu une petite annonce dans un journal. Cela ne fait qu’un mois que je fais ça.

– Votre famille et vos amis sont-ils au courant?
P. – Oui. Et j’assume. il n’y a rien de dégradant. On travaille dans un cadre luxueux avec une clientèle aisée, avec des hommes d’affaires, des hommes importants, des banquiers et même des personnalités parfois. C’est limite une fierté.

C. – Tout le monde est au courant. J’ai des rapports un peu spéciaux avec mes parents. De toute manière, je fais ce que je veux de ma vie!

– Combien de clients voyez-vous par jour ou par semaine?
P. – Je travaille uniquement le soir, car la journée, je suis en cours. J’ai en moyenne trois clients par soir. Mais je ne travaille pas tous les jours. Parfois, je fais des extras le week-end.

C. – Je travaille tous les jours, car mon but est de me faire le maximum d’argent le plus vite possible. En mars, je compte arrêter pour me consacrer à mes études d’hôtesse de l’air.

– Vous arrive-t-il de refuser des clients si ces derniers ne vous plaisent pas?
P. – Bien sûr. Je vais me gêner! Si un client me dégoûte, s’il est trop vieux ou s’il me manque de respect, même s’il allonge 15 000 fr. sur la table, je me barre.

C. – Moi pas. Je passe au-dessus. J’assume le fait d’être une prostituée. Je ne refuse donc pas les clients. Mais, jusqu’à maintenant, je n’en ai jamais eu un qui m’a manqué de respect.

– Au fond, avez-vous l’espoir de rencontrer le prince charmant chez l’un de vos clients?
P. – Jamais de la vie. Je n’ai besoin de personne. Je suis totalement indépendante financièrement et mentalement.

C. – Un client reste un client.

B. – Moi, je rêve de rencontrer un mari et de fonder une famille. Mais je ne pense pas qu’un de mes clients puisse être le futur père de mes enfants.

– Etes-vous déçues par les hommes?
P. – Au fond, on est déçue par les hommes. J’aime me mettre en valeur. Et, pour moi, un homme qui paie pour passer du temps avec moi, ça me met en valeur. Et pour coucher avec moi autant qu’il paie. Et cher tant qu’à faire!

Sabrine Gilliéron