Genève

28 avril 2015 06:00; Act: 27.04.2015 19:26 Print

Les dix-huit décharges qui font frémir les campagnes

par Jérôme Faas - Genève bâtit, mais n’a plus de place pour les remblais. Le Canton a identifié des sites pour les enterrer.

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Les gravières genevoises sont saturées. L'Etat ne sait plus où mettre ses excavations de chantier. (Photo: Keystone/Olivier Maire)

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«C’est la cata, peste Olivier, dont jardin et fenêtres donnent sur les champs. Il faut que le village se mobilise très vite, sinon il sera trop tard pour sauver ce cadre de vie.» Comme ses voisins de Saconnex-d’Arve, hameau de Plan-les-Ouates, il a appris que le Canton veut installer, là où jouent les enfants et paissent les brebis, une décharge pour matériaux d’excavation non pollués.

C’est que l’Etat a un souci: Genève construit et ses gravières ne suffisent plus à absorber ses remblais de chantier. L’excédent annuel est estimé à 400 000 m3. Il cherche donc, «pour les 10 à 12 prochaines années», de nouveaux dépôts capables d’accueillir «5 à 6 millions de m3». Ces chiffres figurent dans un plan directeur mis à l’enquête publique jusqu’au 19 mai. Le document cible 18 lieux disséminés dans la campagne.

«On n’a jamais été associé à la démarche, déplore Thierry Durand, conseiller administratif de Plan-les-Ouates. Le problème des remblais est réel, mais il faut trouver ensemble des endroits qui font sens. Ce n’est pas le cas à Saconnex d’Arve.» Comme lui, Elisabeth Fatton, maire de Collex-Bossy, a préavisé négativement le projet prévu sur sa commune. «La zone jouxte un vallon protégé, la circulation de camions inquiète. Mais le canton imposera, puisque personne n’en voudra chez soi...» Laconnex et Veyrier sont aussi circonspectes quant aux périmètres choisis. L’Etat, lui, assure que les localisations exactes restent à négocier.