Genève

06 janvier 2015 16:23; Act: 06.01.2015 17:30 Print

Les enseignants font la grève des notes

Les élèves du postobligatoire continueront de passer leurs épreuves et de recevoir leurs notes. En revanche, celles-ci ne seront plus communiquées à l’administration pour éditer les bulletins . Une manière pour les profs de dénoncer l’austérité ambiante.

Une faute?

Fini les notes à Genève, en tout cas pour un temps. Alors que les bulletins scolaires du premier semestre doivent être rendus à la fin janvier, les enseignants du postobligatoire prennent des mesures de rétorsion. Ils ne transmettront plus les évaluations de leurs élèves à l’administration, empêchant celle-ci de réaliser les carnets de notes. Ces documents servent habituellement à l’Etat à anticiper la rentrée suivante, notamment en matière d’effectifs. L’Union du corps enseignant secondaire genevois (UCESG) présente cette grève comme un rappel à l’ordre pour le Canton. Quelque 550 profs sur 2500 ont annoncé participer à ce mouvement.

À l’automne 2013, le Conseil d’Etat genevois et les enseignants des collèges et écoles de commerce signaient un accord qui devait donner un cadre au fonctionnement quotidien du postobligatoire. Il y était notamment question de fixer des effectifs maximum en classe, dont certaines dépassent aujourd’hui les 27 élèves. Mais depuis la signature du document, les profs n’ont pas obtenu la garantie que le texte soit appliqué à la rentrée 2016, comme il était stipulé. Pire, l’austérité budgétaire actuelle leur fait craindre que le traité soit purement et simplement abandonné. L’UCESG réclame désormais un engagement ferme du Canton.

Cette grève des notes, soutenue par l’association des parents d’élèves, sert donc de signal d’alarme. Les ados continueront à passer des épreuves et à recevoir leurs évaluations. Ils pourront même calculer leur moyenne avec leur maître. Toutefois, les changements de classes prévus pour certains d’entre eux à la fin du semestre pourraient être gelés. «Si on doit passer par là, c’est parce que l’Etat fait fi des engagements qu’il a pris», martèle Marzia Fiastri, de l’UCESG. Le mouvement de colère est reconductible. S’il devait perdurer jusqu’en juin, promotions et remises de diplômes pourraient être suspendues.

(tpi)