Genève

27 avril 2015 18:36; Act: 27.04.2015 18:37 Print

Les friches de la Praille, un nid à culture alternative?

par Jérôme Faas - Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers rêve de lieux provisoires. Pas si simple réagit Albane Schlechten, de l'Union des espaces culturels autogérés.

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Le site culturel d'Artamis a été fermé en 2008. Antonio Hodgers espère que de nouveaux lieux du même type germeront à la Praille-Acacias-Vernets. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Et la culture, alors? L’Etat a adopté début avril le plan directeur du futur quartier Praille-Acacias-Vernets. Sur l’immense zone de 220 ha, il a prévu logements et emplois par milliers. Mais de lieux dédiés à l’art, à la nuit, il n’est pas question, ou à peine. Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers décèle pourtant «une énorme opportunité pour les milieux culturels» dans «l’une des plus grandes mutations de centre-ville d’Europe». L’idée? Faire du provisoire.

L’élu va créer une fondation chargée de générer de la friche industrielle. En clair, exfiltrer les entreprises du secteur pour proposer du terrain vierge aux opérateurs immobiliers. «Or, cinq à dix ans s’écouleront souvent entre le moment où les sociétés partiront et celui où les nouvelles constructions émergeront.» C’est dans cet entre-deux qu’il espère que la culture «de proximité» s’insérera, rêvant même d’une résurgence des années squats. «Des idées sont dans l'air, les acteurs culturels ont des projets, certains lieux clés ont déjà été identifiés», indique Joëlle Comé, cheffe du service cantonal de la culture.

«L’idée n’est pas nouvelle. La Gravière, le Motel Campo ou la Maison Baron ont été créés sur ce modèle, observe Albane Schlechten, de l’Union des espaces culturels autogérés. Mais ce n’est pas si simple. L’Etat doit assouplir les normes, notamment liées à la police du feu. Sinon, il faut investir des millions, obtenir des subventions. Impossible quand on parle de lieux destinés à durer deux ou trois ans. Vouloir retrouver l’esprit d’Artamis, c’est super, mais la spontanéité ne se recrée pas comme cela...»

Pour Antonio Hodgers, l’enjeu principal est de trouver les mécanismes financiers permettant le déménagement des entreprises. Ensuite, il s'agira d'élaborer des contrats de confiance avec les artistiques. Si le Vert admet que les règles de sécurité devront être appliquées «avec discernement», il précise qu'en faire l'économie est exclu. «Tout est affaire de proportion. Mais lorsque la question se posera, ce sera bon signe: cela signifiera qu'on aura déjà franchi des obstacles bien plus importants!»