Genève

13 octobre 2017 09:26; Act: 13.10.2017 12:10 Print

Les journalistes de la «Julie» interpellent les députés

Une quarantaine d'employés de la «Tribune de Genève» ont manifesté jeudi soir devant le Grand Conseil.

storybild

Les deux quotidiens lémaniques et le "Matin dimanche" regrouperont leurs rédactions dans un certain nombre de domaines. (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

Sur ce sujet
Une faute?

Un rassemblement de protestation s'est tenu devant le Parlement genevois. Une quarantaine de collaborateurs de la «Tribune de Genève» ont tenu à manifester contre le plan de restructuration imposé par leur éditeur Tamedia. Ils demandent aux députés d'accélérer le traitement d'une motion pour une presse locale forte et indépendante.

Le temps est compté

Il reste deux mois et demi: après il sera trop tard, ont relevé Eric Budry et Laurence Bézaguet, coprésidents de la Société des rédacteurs et du personnel du quotidien. Ils ont remis un courrier exprimant leurs vives inquiétudes à la vice-présidente de la commission de l'économie Jocelyne De Haller et attendent désormais un signal politique fort.

Cette commission doit étudier une motion du PDC Guy Mettan. Ce texte demande notamment au Conseil d'Etat de condamner le démantèlement du journal genevois et d'intervenir auprès de l'éditeur pour garantir l'indépendance rédactionnelle de la «Tribune de Genève». Il est aussi question de créer un fonds de soutien public-privé pour la presse.

Dès le 1er janvier 2018, une rédaction centralisée à Lausanne regroupera une grande partie des journalistes de la «Tribune de Genève», de «24 heures» et du «Matin Dimanche». Ce centre de compétences produira des contenus pour les rubriques Suisse, Monde, Economie et Sports.

«Peut-on imaginer un instant que la Genève internationale soit couverte depuis Lausanne?», s'interroge la Société des rédacteurs. «Qu'en sera-t-il de la couverture des dossiers nationaux si la Tribune perd son regard genevois sur ces questions?», ajoutent les rédacteurs.

Des départs

Une offre d'emploi interne à Tamedia proposait tout récemment un poste de journaliste pour couvrir l'économie locale genevoise à Lausanne. Elle a circulé sur les réseaux sociaux pour dénoncer l'aberration de cette centralisation.

Laurence Bézaguet a aussi rappelé que la restructuration de 2016 avait «déjà fait mal». Le journal avait alors perdu dix collaborateurs, dont six licenciés. Depuis la centralisation annoncée par Tamedia en août, quatre collaborateurs ont annoncé leur départ, souligne-t-elle en ajoutant qu'en l'état, la production même du journal est menacée.

(ats)