Genève

12 octobre 2017 21:39; Act: 12.10.2017 21:39 Print

Les motos priées de libérer les parkings privés

par Maria Pineiro - La nouvelle réglementation sur les macarons de parking ne considère pas les deux-roues motorisés comme des véhicules.

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La moto de Louis est trop volumineuse pour partager une garage avec son break. (Photo: DR)

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«Garer ma Harley Davidson et mon break dans mon box est tout simplement impossible et je refuse de la garer dans la rue, c'est beaucoup trop risqué», s'exclame Louis. C'est pourtant ce que lui demande la Fondation des parkings qui refuse de prolonger le macaron qu'il possède pour sa voiture. Le motif: locataire d'une place privée, il n'a pas besoin de jouir d'une autorisation de parcage sur l'espace public. La Fondation ne considère pas sa moto comme un véhicule donnant droit à un parking privé.

Surbooking

Depuis le 1er septembre, les règles en matière d'attribution des macarons habitants ont changé (voir encadré). «Le parcage des deux roues motorisés en surface étant gratuit, il n'y a pas de mesure limitative à leur encontre. Il est donc logique qu'ils soient invités à se garer sur l'espace public. L'attestation d'une location de parking fournie par une personne sous-entend la possibilité d'y parquer une voiture», justifie Chrystelle Charat, cheffe de projet à la Direction générale des transports. Elle indique que la fondation des parkings propose des places en sous-sol dans ses parkings pour une quarantaine de francs par mois.

La responsable admet avoir eu connaissance d'une vingtaine de cas particuliers concernant notamment des véhicules de collection ou du stockage: «Il s'agit-là d'un détournement de l'usage d'un garage», indique-t-elle.

Position illogique

La position du Canton fait bondir le Touring club suisse. «On ne peut pas renvoyer les deux-roues motorisés dans la rue alors même qu'il y a un manque criant de cases de stationnement», tonne Henri-Pierre Galetti, directeur de la section genevoise, chiffres à l'appui: 8500 places pour 55'000 immatriculations. Le directeur rappelle également la polémique actuelle sur l'occupation des trottoirs par ces véhicules.

Cas à étudier

Du côté de la Fondation des parkings, le ton est plus nuancé. Jean-Yves Goumaz, directeur, explique qu'il y a bien eu quelques cas problématiques. «La nouvelle réglementation a été voulue par le département. Une fois appliquée sur le terrain, un certain nombre de problèmes surgissent. Il nous faudra effectivement nous poser la question des deux-roues motorisés.»

S'il estime qu'il est trop tôt pour revoir la pratique et tirer un bilan de l'opération, il constate qu'il y a eu «une diminution marquée du nombre de macarons délivrés. Il faudra attendre une année afin de voir si l'objectif d'une baisse de 10 à 20% est atteint».

Louis, lui, participera bien à cette baisse: «Je vends ma voiture pour en acheter une nouvelle plus petite et ainsi pouvoir garer mes deux véhicules dans mon box. Je ne comprends pas cette nouvelle règle, mais je n'ai pas envie de perdre mon temps à me battre pour rien!»