Genève

14 février 2017 21:10; Act: 14.02.2017 21:13 Print

Malgré la loi, des directeurs n'enseignent toujours pas

par Marine Guillain - Des dirlos d'école primaire rechignent à donner la leçon. Ils ne sont pourtant pas sanctionnés.

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Pour les députés qui ont voté la loi, il est important que les directeurs gardent le contact avec les jeunes élèves. (Photo: Keystone/Gaetan Bally)

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«S’il s’agit de donner un coup de main par ci par là, je le faisais déjà avant, note un directeur. Mais s’il s’agit de donner deux heures de cours par semaine, je ne vois pas où on trouverait le temps et je pense que très peu de mes collègues le font.»

Depuis le 9 janvier, les chefs des établissements primaires du canton doivent s’acquitter de «missions d’enseignement et d’actions pédagogiques face aux élèves», à raison d’une à deux périodes par semaine. Il peut s’agir de cours, devoirs surveillés, soutien pédagogique ou remplacement de profs absents. Cette loi a été votée en septembre 2015. L’association genevoise des directeurs d’établissements primaires (AGDEP) avait fait recours, allant jusqu’au Tribunal fédéral (TF). Celui-ci n’a pas encore tranché mais a rejeté l’effet suspensif.

Pourtant, selon nos informations, plusieurs responsables n’enseignent pas. Ceux que nous avons contactés éludent et renvoient au département de l’instruction publique (DIP). Comment vérifier si la loi est appliquée? «Ils doivent tenir à jour un tableau de leurs heures d’enseignement et le transmettre à la Direction Générale à échéance régulière, indique le DIP, qui est contre la mesure mais a promis d’appliquer la loi. Ceux qui ne le font pas s’exposent à des sanctions définissables au cas par cas.» Concernant les questions sur la nature de ces sanctions ou la fréquence de l’«échéance», la communication du département est restée très floue.

«Faire preuve de souplesse» tant que l’issue est incertaine

La décision du TF devrait tomber ces prochaines semaines, au plus tard ce printemps. «Dans l’intervalle, le DIP doit faire preuve de souplesse, car personne ne peut savoir aujourd’hui si cette obligation d’enseigner sera ou non validée», avancent Mes Thomas Barth et Romain Jordan, avocats de l’AGDEP. Le député Jean Romain (PLR) a voté la mesure car il estime que le contact régulier avec les jeunes élèves est important. Il ne déplore cependant pas le flou qui règne actuellement: «Tant que la justice n’a pas tranché, le DIP ne sait pas trop sur quel pied danser», dit-il.

Déjà assez à faire

L’AGDEP juge que les responsables d’établissements ont un cahier des charges bien assez lourd et que leur rôle n’est pas de donner des cours. Chacun gère entre 500 et 800 élèves. «Si le Tribunal fédéral tranche, on enseignera, assure la présidente Daniela Capolarello. Pour l’instant, l’association essaie de défendre ce qu’elle pense être le plus juste.» La société pédagogique aussi s’est opposée à la loi.

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Les commentaires les plus populaires

  • Difficil A Entedre le 14.02.2017 21:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas juste....

    Refuse de faire ton travail dans le privé !!! Maís t'est vire de suite!!!!

  • dirlo le 14.02.2017 21:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    serieux

    baissé leurs salaires!

  • Admiration Enseignants le 14.02.2017 21:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vacances scolaires et DIP

    Ils sont déjà fatigués de leur tâches a la direction, en plus deux heures par semaines.... rigolez vous!!! Les vacances scolaires ne suffisent pas a se récupérer, il y aura trop des 'Burn outs'. La loi est pour les autres (y compris les autres métiers) qui n'ont pas de piston au DIP.

Les derniers commentaires

  • Ilse le 15.02.2017 13:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    évidence

    Un peu de souplesse de part et d'autre serait le bienvenu et faciliterait singulièrement les choses.

  • DanB le 15.02.2017 11:52 Report dénoncer ce commentaire

    A PLUS

    Tu fais pas ton job, tu te fais virer. Il n'y a pas à chercher plus loin.

  • Duval le 15.02.2017 11:12 Report dénoncer ce commentaire

    Respecter la loi

    On parle de directeurs et non des enseignants!

  • Jean Lesage le 15.02.2017 10:29 Report dénoncer ce commentaire

    La très dure journée d'un dirlo

    Quand tu deviens dirlo, la loi ne s'applique plus à toi! Un dirlo a droit à un bureau fermé pour que personne ne le voie travailler les pieds sur le bureau assis sur une chaise dont le dossier est bien descendu! Il lit son journal de 8h à 9h, fait sa pause jusqu'à 11h et passe direct à l'apéro! Lunch dès 12h jusqu'à 14h aux frais de la princesse, puis sieste dans son bureau, porte close, jusqu'à 16h, puis signature du courrier jusqu'à 17h! A 17h pile, il quitte son bureau, portable désactivé, saute dans sa Porsche Cayenne et fonce au resto pour un repas d'affaires avec sa maîtresse jusqu'à 22h

    • TipTop le 15.02.2017 10:50 Report dénoncer ce commentaire

      trop original

      Vraiment hilarante votre ironie à deux balles

    • Julietta le 15.02.2017 12:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean Lesage

      Un peu surfait ce genre de commentaires. Caricatural bête . Nb : je ne suis pas cadre....

  • bibi le 15.02.2017 09:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    les directeurs en classe

    C'est pour employer moins de remplaçants lors d'absence d'enseignants...car les remplaçants, ça coûte.

    • Jean Lesage le 15.02.2017 10:35 Report dénoncer ce commentaire

      @ bibi

      Ah oui, un remplaçant qui bosse ça coûte, mais moins qu'un dirlo qui glande... Il y a pourtant un moyen de faire de grandes économies: virer le dirlo, récupérer son bureau et en faire une salle de classe! Cette salle supplémentaire désengorgerait les autres classes!