Genève

04 mars 2015 22:21; Act: 04.03.2015 22:29 Print

Médocs sans ordonnance vendus à prix d’or en soirée

par Jérôme Faas - Quand elle est de garde, une pharmacie fait payer plus cher ses articles de bobologie. Sa patronne défend cette politique, que critique l’association professionnelle.

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Enza a payé cher pour sa boîte de médicaments. (Photo: 20 minutes)

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Dimanche, Enza avait besoin d’un Voltaren. Elle s’est rendue dans une officine du centre-ville, l’un des deux établissements ouverts jusqu’à 23 h ce week-end. La boîte d’anti­inflammatoires coûte 12 fr., mais elle la paiera 32 francs. Quand il est de garde, le commerce gonfle le prix des articles sans ordonnance.

«Vingt francs de plus, c’est honteux, s’exclame Enza. Devant moi, une dame voulait des bonbons, une autre un sirop, les deux sont parties. Et si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas avoir votre médicament? Je trouve ça triste.»

Patronne de la Pharmacie Nouvelle, Anastasia Ventouri assume: «Nous sommes obligés de faire des gardes pour les sorties d’hôpitaux et bien sûr les urgences. J’ai peu d’employés, donc je ne veux m’occuper que des ordonnances et des cas sérieux. Je refuse que des gens vraiment malades attendent pour des clients en quête de mouchoirs, de bonbons ou de préservatifs. Ceux-là, je leur applique une majoration non obligatoire unique de 20 fr., pour les inciter à aller ailleurs. J’avais essayé 10 fr. auparavant, mais ça n’était pas assez dissuasif.»

Le procédé, rare à Genève, est légal, mais «totalement dés­approuvé» par Jean-Luc Forni, patron de PharmaGenève, la faîtière du canton. «Ce choix est critiquable, dit-il, mais les prix sont libres. Si un épicier vend 40 fr. un kilo de bananes, seul le consommateur peut l’en empêcher. Cette pharmacie n’est pas membre chez nous, je n’ai aucun pouvoir sur elle.»