Genève

01 juillet 2017 17:04; Act: 02.07.2017 16:12 Print

Mixité, logement, migrants: la gauche défile

par Jérôme Faas - Un millier de manifestants ont marché dans les rues de Genève ce samedi, dans une ambiance décontractée.

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Les manifestants, partis des Pâquis, ont marché jusqu'à Plainpalais. (Photo: 20 minutes / jef)

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Collectifs d’étudiants, associations de défense des migrants, syndicats, partis de gauche, mouvement de soutien à la culture : ils sont un millier à avoir investi la rue, ce samedi, pour «le droit à la ville». C’est-à-dire ? «A Genève, il y a beaucoup d’esprits militaires qui font tout pour limiter la diversité. Le droit à la ville c’est aussi et surtout défendre la mixité à Genève. Une ville, ça doit brasser, mélanger, sinon ça ne peut pas vivre», explique la députée Verte Sarah Klopmann à la foule massée sur la place de la Navigation, aux Pâquis.

Le cas Xénope

A l’origine de cette démonstration, le cas des étudiants de l’association Xénope, qui occupent une maison à Malagnou. L’Etat veut les en déloger pour les remplacer par des migrants. C’est ce samedi qu’ils auraient dû être expulsés s’ils n’avaient pas fait recours. L’appel à manifester vient d’eux. Mais se greffent naturellement à leur exemple diverses problématiques chères à tous les courants de la gauche.

«On construit pour les riches»

La diversité, donc, revendiquée sur l’un des sound systems qui fait onduler les manifestants. «Des espaces pour nos logiques. Des maisons pour nos amitiés.» Le droit au logement bon marché aussi. «Aujourd’hui, à Genève, on construit essentiellement pour les riches», dénonce la députée socialiste Caroline Marti. Et de désigner à l’opprobre générale les surélévations de luxe des Pâquis, inoccupées pour certaines «car construites pour servir les intérêts du capital, pas de la population. Il y a des familles qui s’entassent, et à côté, des mètres carrés vides. C’est profondément injuste et inacceptable.» Le droit des migrants, enfin, à être accueillis et logés, est de presque toutes les prises de parole.

«Dégommer le gouvernement»

Diversité, logement, migrants: «Malagnou est au croisement de l’échec de l’ensemble des politiques de ce gouvernement qu’il faudra dégommer dans la rue!», tonne Pablo Cruchon, de SolidaritéS, qui briguera un siège au gouvernement en 2018.
La foule, bariolée, s’ébroue. Les jeunes devant (avec quelques dizaines d’individus masqués bien que parfaitement pacifiques), les plus âgés et les encartés en queue de cortège. Il y a des visages connus, des vieux de la vieille, et de nouveaux militants.

L’atmosphère est festive, le climat détendu. Nulle trace d’agressivité, beaucoup de dérision. «OK pour les excuses et un bail de 99 ans», brandissent deux jeunes garçons qui tournoient sur la place des 22-Cantons. Un animateur lance un pseudo- micro-trottoir à destination du gouvernement. «Qu’est-ce que vous diriez à ces sept personnes ?» «On vous aime pas, vous êtes méchants, méchants, méchants!», s’amuse un manifestant.

Rien à voir avec les ultras

On est loin, très loin, du climat pesant du dernier défilé en ville: il s’agissait des supporters bâlois, avinés et belliqueux, marchant sur le stade de la Praille le 25 mai, jour de finale de la coupe de Suisse de football. Ils ne s’opposaient à rien, si ce n’est peut-être à l’intelligence, et glaçaient le sang. Les manifestants du 1er juillet s’opposent au gouvernement en dansant. La politique, ce samedi, avait le sourire et le sens du rythme.