Genève

14 mars 2018 07:23; Act: 14.03.2018 07:23 Print

Montre volée: «Mon client paie le fait d’être policier»

par Julien Culet - Pour son avocat, l'agent genevois qui aurait dérobé une montre en janvier lors d'un salon serait disculpé par le témoignage d'un employé présent.

storybild

La montre de luxe a été volée sur le stand Hermès, au Salon International de la Haute Horlogerie de Genève. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

Sur ce sujet
Une faute?

«Le dossier est vide, il n'y a pas de preuves contre mon client, juste une interprétation excessive de petits détails.» Me Robert Assaël se dit convaincu que le policier accusé d'avoir volé une montre d'une valeur de 6500 fr. lors du Salon International de la Haute Horlogerie de Genève est innocent. Une conviction renforcée par le témoignage d'un employé du stand Hermès, où a été commis le larcin le 17 janvier dernier. Il a affirmé en audition avoir constaté la disparition de la montre avant de voir l'agent arriver.

Le témoin entendu était chargé de montrer les luxueux objets aux visiteurs après les conférences. D'après lui, le vol a pu être commis par une des cinquante personnes qui assistaient à la présentation. Des journalistes chinois ont notamment été fouillés. L'accusé serait arrivé, lui, à la fin de la présentation durant laquelle le vol a été perpétré. «Il serait donc revenu avec la montre dans sa poche? C'est absurde», estime l'avocat. Selon lui, l'accusation repose sur le fait que son client a été filmé en train de mettre un petit sac Hermès, dans un grand cabas Audemars Piguet.

Détention «arbitraire»

Hormis le vol, le policier est aussi prévenu d'abus d'autorité pour être entré à Palexpo en profitant de sa carte de police, alors qu'il était en congé. Pour son avocat, c'est une pratique courante au sein de l'institution. Il serait possible d'entrer ainsi au Salon de l'auto, par exemple. L'homme de loi rapporte aussi que son client s'est rendu au SIHH car il apprécie l'horlogerie.

L'agent, âgé de 29 ans, a été détenu un jour à l'hôtel de police de Carl-Vogt et huit jours à la prison de Champ-Dollon. Une détention préventive qui a été justifiée par le risque d'une éventuelle collusion avec ses collègues. «C'est une injustice totale, fustige Me Assaël, qui parle de détention arbitraire. On aurait jamais arrêté un quidam pour un simple vol de montre. Mon client paie le fait d'être policier.»

Impliquant un policier genevois, l'affaire est instruite par le procureur général. Contacté, le Ministère public ne fait pas de commentaire.