Genève

10 avril 2018 18:18; Act: 11.04.2018 07:38 Print

Nouvelle charge des avocats d'Erwin Sperisen

par Lucie Fehlbaum - L'ex-chef de la police guatémaltèque sera jugé pour la 3e fois lundi. Mardi, la défense a invité l'ancien président du Guatemala à s'exprimer.

storybild

Le président du Guatemala entre 2004 et 2008, Oscar Berger, à gauche d'Erwin Sperisen, qui sera rejugé à Genève lundi. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

Sur ce sujet
Une faute?

Le troisième procès d'Erwin Sperisen va démarrer lundi. Le jugement en appel, prononcé en 2015 par la justice genevoise, le condamnait à la prison à vie pour l'assassinat, en 2006, de dix criminels dont sept détenus de la prison guatémaltèque de Pavon, à l'époque où Sperisen dirigeait la police nationale de cet Etat d'Amérique centrale. Mais, en juillet dernier, le Tribunal fédéral a cassé le dernier jugement genevois. Les juges de Mon-Repos ont qualifié les développements d'«insuffisamment motivés» et «arbitraires».

Aujourd'hui, la défense pointe du doigt, entre autre, l'unique plaignante. Il s'agit d'une dame vivant dans la jungle guatémaltèque, dont le fils aurait été tué à cause des agissements d'Erwin Sperisen, lors de la reprise de la prison de Pavon, alors tombée aux mains de criminels. Dans une interview publiée par «L'Illustré» en 2014, cette femme raconte ne pas être au courant de constituer la partie plaignante d'un procès en Suisse, et ne rien avoir à reprocher à Monsieur Sperisen, a souligné son avocat, Me Campa, dans une conférence de presse tenue mardi. La justice genevoise a refusé d'auditionner cette femme.

Elle a également refusé d'entendre l'ancien président du Guatemala, Oscar Berger, présent mardi aux côtés d'Erwin Sperisen. Il était en poste entre 2004 et 2008 et a commandité la reprise de la prison Pavon. «La décision d'agir dans cet établissement pénitentiaire a été prise formellement, les médias et les représentants des droits de l'homme avaient été mis au courant et étaient sur place. Des conseillers spéciaux de l'ONU ont été consultés et ont confirmé la probabilité d'affrontements armés et de décès. Les autorités s'attendaient d'ailleurs à plus de morts que cela.» Oscar Berger a rappelé que le Ministre de l'Intérieur, alors supérieur de Sperisen, et le bras-droit de ce dernier, avaient été acquittés en Autriche et en Espagne. «La Suisse a une réputation de précision, de perfection, de neutralité. Nous attendons l'acquittement d'Erwin Sperisen.»

L'ancien chef de la police guatémaltèque a été incarcéré cinq ans à Champ-Dollon, à l'isolement. Après l'arrêt du Tribunal Fédéral, il a été remis en liberté. On verra si ce troisième volet réserve d'autres surprises.