Savoie (F)

25 septembre 2017 21:14; Act: 25.09.2017 21:20 Print

Près de 20'000 francs pour les ânes décimés

par Lucie Fehlbaum - En plus d'une collecte de fonds, une manifestation de soutien s'est tenue dimanche dans le village de la propriétaire des ânes tués par un chasseur suisse.

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«Une habitante de l'île d'Oléron a voulu me donner une de ses bêtes!» Sandrine Lassiaille, propriétaire des quatre ânes décimés il y a une semaine dans le massif des Bauges (F) par un chasseur suisse, voit déferler une vague de solidarité sur son compte Facebook depuis le drame. Une sympathie bien réelle dimanche, dans son village d'Arith à une heure de Genève, où plus de 200 personnes se sont rassemblées pour soutenir la jeune femme. «Il y avait des proches, des gens de la grande famille des ânes, et beaucoup de monde que je ne connaissais pas, qui ont fait jusqu'à 100 km pour venir me soutenir.»

Une collecte de fonds, alimentée pour l'heure par 460 personnes, permet aussi de soutenir la propriétaire en deuil. Et selon la plateforme qui héberge la cagnotte, 18'500 francs ont déjà été réunis. «Je ne voulais rien demander, confie Sandrine Lassiaille. Mais les gens voulaient absolument donner. Une supportrice a crée une cagnotte en ligne que j'ai fermée, dans un premier temps. Je me suis fait presque gronder par les soutiens, avant d'en ouvrir une nouvelle.» La jeune femme a également reçu une centaine de lettres, envoyées à l'installation estivale de sa société de location d'ânes de randonnées. «Il n'y a pas de boîte aux lettres, les facteurs de la région me les ramènent jusqu'à chez moi.»

La propriétaire, touchée par cet élan de solidarité, espère reprendre son activité au printemps. Elle dit devoir «s'en sentir capable psychologiquement». Et pourrait recontacter, une fois prête, les personnes qui ont proposé de donner un âne, de préférence adulte avec des bases de randonnées. «Il faudrait reconstituer un troupeau avant l'automne, c'est toujours compliqué avec la chasse.» Sandrine Lassiaille n'en veut pourtant pas au monde des chasseurs. «Je ne suis pas le porte-drapeau d'un combat qui n'est pas le mien, affirme la propriétaire. La Fédération des chasseurs de Savoie a dénoncé le comportement de cet homme, qui n'a exprimé ni regret, ni excuse. Elle pousse à pouvoir saisir les tribunaux.» C'est en effet la légèreté de la peine que dénonce la propriétaire des animaux décédés. «Un chasseur qui ne vérifie pas sa cible avant de tirer est passible d'une contravention. C'est trop peu! Et les fédérations de chasse ne peuvent pas retirer de permis, c'est de l'ordre des Tribunaux. Des choses doivent changer dans ces réglementations.»

Sandrine Lassiaille a participé la semaine passée à une reconstitution, sans tireur. Accompagnée de Safran, seul âne survivant, elle a aidé les gendarmes a déterminer si l'animal était visible depuis la place du tireur. Le cas échéant, les agissements du chasseur suisse pourraient constituer une infraction pénale.