Genève

20 mars 2017 14:58; Act: 20.03.2017 15:09 Print

Recours contre le mémorial arménien rejeté

Le tribunal a estimé que les riverains du parc où l’œuvre devait être érigée habitaient trop loin pour avoir voix au chapitre.

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Les réverbères (ici en image de synthèse) doivent être érigés dans le parc Trembley, au Petit-Saconnex. (Photo: Ville de Genève)

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A Genève, les riverains du parc Trembley ne peuvent pas s'opposer à la construction du monument commémoratif du génocide arménien «Les Réverbères de la Mémoire». La justice estime qu'ils vivent trop loin de l'emplacement prévu pour pouvoir recourir contre l'autorisation de construire.

Le Tribunal administratif de première instance a notifié lundi une décision d'irrecevabilité, a indiqué leur avocat, le conseiller national UDC Yves Nidegger, interrogé par l'ats. Les recourants vont examiner la possibilité de recourir contre cette décision auprès de la Cour Justice. Ils ont jusqu'au 19 avril pour le faire.

Selon Me Nidegger, les deux autres groupes qui ont recouru contre cette autorisation de construire - l'Association des habitants du Petit-Saconnex et Genêts ainsi que des parents d'élèves de l'école primaire située dans le parc - ont reçu la même décision. Si aucun nouveau recours n'est déposé, le monument pourra être érigé.

Griefs non examinés

Le projet devait initialement voir le jour au bastion Saint-Antoine en 2013, mais des découvertes archéologiques sur ce site en ont décidé autrement. La Ville de Genève voulait ensuite ériger le mémorial dans le parc du Musée Ariana, près du bâtiment des Nations unies. Sur pression de la Turquie, le Conseil fédéral a contesté cet emplacement au nom de la neutralité de la Genève internationale.

L’œuvre de l'artiste français Mélik Ohanian est constituée de neuf réverbères de près de dix mètres de haut dont la ou les tiges sont courbées en direction du sol. A leur bout est fixée une «larme» en Inox, qui remplace l'ampoule électrique. Des spots seront installés au sol. Lauréate en 2011 d'un concours international lancé par la Ville de Genève, l’œuvre appartient à une association privée.

Les recourants relevaient que son emprise au sol allait faire disparaître 230 m2 de verdure. Or toute construction en zone de verdure doit être directement liée à son utilisation, comme des jeux pour enfants ou une cabane de jardinier, sauf intérêt public prépondérant. Mais le tribunal n'a pas examiné les griefs en matière de droits des constructions, a précisé Me Nidegger.

(ats)