Genève

06 mars 2018 07:06; Act: 06.03.2018 21:56 Print

Réduction des horaires de crèche aux HUG: tollé!

par David Ramseyer - Fermeture plus tôt le soir, prise en charge des enfants raccourcie l'été: le futur planning des crèches fâche le personnel de l'Hôpital.

storybild

(Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

Une faute?

«C'est déjà problématique maintenant et ils en rajoutent une couche!», dénonce Julie*, infirmière à l'hôpital cantonal et maman d'un enfant de 3 ans. «On fait un boulot difficile, qui s'achève régulièrement tard le soir. Mais bientôt, nos crèches d'entreprise seront encore moins adaptées qu'aujourd'hui aux réalités de ceux qui travaillent aux HUG». Le 7 février dernier, le personnel a été averti d'une prochaine réduction d'horaires des deux crèches de l'institution.

Certains avantagés?

Dès la rentrée 2018, elles fermeront à 20h au lieu de 21h30 pour celle de Belle-Idée et de 20h15 pour celle de Cluse-Roseraie. De plus, elles seront closes trois semaines l'été au lieu d'une seule. Infirmière et membre du comité des parents des crèches de l'hôpital, Marie* parle d'horaires «aberrants». Elle indique que plusieurs familles se sont plaintes auprès d'elle. «Certaines se demandent même si c'est légal.»

Autre point de friction: les collaborateurs qui feront garder leur progéniture pendant les heures de bureau verront leur tarif réduit de 10%. Les équipes médicales et de soins s'estiment donc «discriminées» par rapport à leurs collègues de l'administration, qui travaillent aux heures normales de bureau.

Répondre aux besoins réels

Les HUG se disent sensibles aux préoccupations de ces collaborateurs, mais tempèrent leurs critiques. Les horaires réduits le soir? «Les enfants qui restent à la crèche après 20h sont très rares, assure Anne-Thérèse Ventura Varesio, adjointe à la direction des ressources humaines des HUG. Ouvrir plus tard ne se justifie pas».

Quant à la fermeture prolongée de l'accueil des tout petits durant les vacances estivales, elle répondrait à une exigence de qualité. Aujourd'hui, il y a une semaine close en août et des permanences le reste du temps. Arrêter pendant trois semaines assurerait une meilleure planification des éducatrices pour une prise en charge standard les autres jours de l'été.

Plus généralement, l'institution entend répondre à une demande pressante: «Nous avons 150 familles sur liste d'attente mais le taux d'occupation de nos crèches n'est que de 75%». Objectif, donc: accueillir plus d'enfants. Le tarif incitatif doit ainsi privilégier une prise en charge des petits selon des horaires réguliers. De quoi libérer des places réservées mais régulièrement inoccupées dans un hôpital où selon les HUG, «les conditions d'accueil dans les crèches sont très bonnes par rapport aux autres établissements médicaux».

*Prénoms fictifs