Genève

09 février 2018 15:04; Act: 09.02.2018 15:18 Print

Yves Bouvier a bien été entendu comme prévenu

par Jérôme Faas - L'avocat du marchand d'art genevois accusé d'escroquerie par l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev minimise la portée de cette audition.

storybild

Yves Bouvier a acquis 37 tableaux de maîtres pour le compte de l'oligarque Dmitri Rybolovlev. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Les contours de l’audition d’Yves Bouvier par le Ministère public genevois, jeudi matin, se dessinent. Le pouvoir judiciaire a précisé ce vendredi que l’homme d’affaires et marchand d’art genevois avait été convoqué «en qualité de prévenu». C’est le premier procureur Yves Bertossa qui l’a entendu.

Yves Bouvier est défendu par Mes Christian Lüscher et David Bitton. Ce dernier minimise la portée de cette audition. D’une part, il estime qu’aucun nouvel élément n’a été apporté dans ce dossier depuis la plainte initiale déposée à Monaco en 2015. «C’est la même qui circule partout, et dont aucune juridiction ne veut. Elle a été déposée à Berne, est passée au Ministère public de la Confédération, pour revenir maintenant à Genève.»

Jeudi, il expliquait que son client n’avait «pas été formellement mis en prévention»; une formule en apparente contradiction avec la confirmation par la justice genevoise qu’Yves Bouvier avait été convoqué en qualité de prévenu. Il explique: «Yves Bertossa a fait une bizarrerie. D’habitude, le procureur notifie à la personne auditionnée sa mise en prévention. Là, il s’est limité à l’informer de l’existence d’une plainte à son endroit.» Selon nos informations, cette relation des faits est exacte.

Me Carlo Lombardini, qui défend les intérêts de l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev, a expliqué jeudi «ne pas pouvoir s’exprimer au sujet de cette audition».

La plainte qui vise Yves Bouvier l’accuse d’escroquerie. Il lui est reproché, alors qu’il agissait pour le compte de Dmitri Rybolovlev sur le marché de l’art, d’avoir indûment facturé 1,2 millions de francs à l’oligarque. Le litige porte sur 37 tableaux de maîtres acheté entre 2003 et 2014. La partie plaignante affirme que l’homme d’affaires genevois les a acquis pour un million de francs, puis les a revendus à son ex-ami russe pour 2,2 millions de francs. C’est-à-dire avec une plus-value bien supérieure à ce que prévoyait sa commission.

Yves Bouvier conteste les faits. «Il doit maintenant transmettre toute une série de documents au procureur», explique Me David Bitton. Yves Bertossa souhaite en effet prendre connaissance des pièces comptables liées à l’acquisition des différentes œuvres d’art.