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Mourir «bio»: c'est possible

Alors que la tendance du mariage «vert» fait rage, l'heure est également à l'organisation de funérailles douces pour l'environnement.

La Grande-Bretagne, pays en pointe depuis déjà des années dans le domaine des funérailles écologiques, a là une longueur d'avance sur les Etats-Unis... C'est donc à Londres que se tenait samedi le Salon des Obsèques vertes du Natural Death Center (Centre pour une Mort Naturelle).

Du cercueil biodégradable aux urnes funéraires naturelles, les idées y abondaient pour bien mourir en minimisant les conséquences pour l'environnement. Le tout en gardant sur ce sujet délicat un humour très british...

«Les gens cherchent à réfléchir à la meilleure manière de vivre, et cela les amène aussi à penser à la meilleure manière de mourir», note Roslyn Cassidy, responsable de Green Endings, organisatrice de funérailles écologiques. Les gens savent qu'un enterrement, cela peut coûter cher, alors tant qu'à faire «ils veulent dépenser cet argent de manière écologique», dit-elle, cherchant à lutter contre les idées reçues: car des funérailles vertes peuvent être aussi fastueuses et chères que discrètes et bon marché, tout comme des funérailles traditionnelles.

Le concept est d'aider à protéger la planète en faisant le plus simple possible, mais les «éco-obsèques» peuvent être plus compliquées à organiser qu'on peut l'imaginer. Du coup, le «Natural Death Center» a publié un petit guide des funérailles vertes, et fixe des objectifs écologiques pour les cimetières.

«N'importe quelle obsèque peut être plus verte», note Michael Jarvis, le directeur du Centre.

Dans un enterrement vert, les corps ne sont pas embaumés, et sont vêtus de vêtements en fibres naturelles. Les militants considèrent que la réfrigération est plus écologique que l'embaumement des cadavres, pratiqué avec du formol qui peut polluer les eaux.

Le marché du cercueil biodégradable compte lui nombre de variantes: du cercueil en feutre, à celui en osier, en passant par le carton, aussi épais que le bois, qui peut être décoré par la famille, et biodégrable en trois mois.

«Le problème, c'est qu'ils sont un peu délicats à utiliser», note Oliver Peacock, directeur du cimetière «écolo» d'Oakfield Wood. «Ils ne sont pas très pratiques à transporter».

Oakfield Wood n'était qu'un pâturage lorsqu'il a ouvert en 1995. Il est aujourd'hui recouvert de plus de 1.600 arbres: chaque tombe est marquée par un arbre, et une plaque en bois.

Car la pierre tombale en marbre est plus qu'honnie par les adeptes des obsèques écolo: Jeremy Smite, de Green Endings, rappelle, si besoin est, que le marbre n'est pas une ressource renouvelable, et que l'exploitation et le transport sont fortement producteurs de carbone.

Pour ce qui est des crémations (70% des funérailles en Grande-Bretange), les cendres du défunt et ce qui reste du cercueil biodégradable sont placées dans des urnes en bambou, verre ou céramique.

A partir de 2010, la nouvelle législation britannique exigera des quantités moindres de mercure dans les plastiques et autres matériaux utilisés pour les cercueils. Tous les cercueils biodégradables respectent déjà ces normes.

Pour un enterrement vraiment respectueux de l'environnement, il y a aussi des choses toutes simples à faire: utiliser des voitures plus petites pour les cortèges, et renoncer aux corbillards et autres véhicules plus polluants...

Au Salon samedi, les vendeurs de cercueils et organisateurs de funérailles côtoyaient des clients curieux, réunis pour une autre manière d'envisager un sujet a priori plutôt désagréable à envisager.

Linda McDowall, traductrice de 48 ans, s'étonnait de voir à quel point les visiteurs du Salon étaient gais et détendus à l'idée de se préparer des adieux écologiques. «Je pourrais très bien imaginer faire ça pour moi. Je suis à l'aise avec cette idée», ajoutait-elle. Aussi plus zen face à la mort, les amateurs de funérailles vertes?

(ap)
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