France

07 février 2017 10:03; Act: 07.02.2017 17:40 Print

«Bygmalion»: Nicolas Sarkozy renvoyé en procès

L'ancien chef de l'Etat français est renvoyé en correctionnelle pour financement illégal de campagne électorale. Il fait appel.

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L'ancien président Nicolas Sarkozy saura le 20 septembre s'il sera effectivement jugé en correctionnelle pour financement illégal de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012. (16 mai 2018) L'ancien président français Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ex-magistrat Gilbert Azibert ont été renvoyés devant la justice dans l'affaire dite des écoutes téléphoniques ce jeudi. (29 mars 2018) L'ancien chef de l'Etat, qui avait été placé en garde à vue mardi matin à Nanterre, a été mis en examen pour «corruption passive», «financement illégal de campagne électorale» et «recel de fonds publics libyens» et placé sous contrôle judiciaire. (Mercredi 21 mars 2018) La garde à vue de l'ancien chef de l'État français Nicolas Sarkozy dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de financement de sa campagne pour la présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi s'est achevée mercredi. (Mercredi 21 mars 2018) Les affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy a été impliqué. (Mercredi 21 mars 2018) L'ex-président français a été placé en garde à vue pour des soupçons de financement libyen pendant la campagne de 2007. (Mardi 20 mars 2018) La justice française a ordonné le renvoi en procès de l'ex-président de droite Nicolas Sarkozy et de treize autres protagonistes dans l'enquête sur ses dépenses de campagne pour la présidentielle de 2012. (mardi 7 février 2017) Nicolas Sarkozy, ici avec son épouse Carla Bruni, risque un procès dans l'affaire Bygmalion. (Jeudi 15 décembre 2016) Dénonçant «une instrumentalisation politique», Nicolas Sarkozy qualifie de «grotesques» les chefs d'accusation retenus contre lui. (2 juillet 2014) «Il y a eu une volonté de m'humilier» avec la garde à vue déclare-t-il. (2 juillet 2014) Nicolas Sarkozy sort du bois et contre-attaque. Il organise une interview avec deux journalistes afin de s'expliquer. (2 juillet 2014) Les juges décident d'inculper l'ancien chef de l'Etat français pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. (2 juillet 2014) Son avocat, Thierry Herzog, est mis en examen. (1er juillet 2014) Cette garde à vue intervient dans le cadre d'une enquête ouverte notamment pour trafic d'influence présumé. (1er juillet 2014) Il est arrivé dans une voiture noire aux vitres teintées, qui s'est engouffrée dans le parking de la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre. (1er juillet 2014) La justice décide de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue suite aux écoutes. C'est une première pour un ancien président français. (1er juillet 2014) Des échanges entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog (à gauche) peuvent laisser croire qu'ils ont cherché à obtenir des informations auprès du magistrat Gilbert Azibert (à droite) sur une décision attendue dans l'affaire Liliane Bettencourt. Cela en échange de la promesse d'un poste de prestige à Monaco. Cette mise sur écoute intervient dans le cadre de l'enquête sur les accusations de financement par la Libye de Kadhafi de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. (septembre 2013) En 2013, les juges décident de placer Nicolas Sarkozy sur écoutes. Ils surveillent notamment le téléphone qu'il utilise sous l'identité d'emprunt de «Paul Bismuth» pour converser avec son avocat Me Herzog. (septembre 2013)

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Un juge d'instruction a ordonné le renvoi en procès de 14 protagonistes de l'affaire dite «Bygmalion», dont Nicolas Sarkozy, pour ses dépenses excessives lors de la campagne présidentielle de 2012. Mais l'ancien chef de l'Etat va faire recours, évoquant une accusation «fantaisiste».

C'est la deuxième fois qu'un ancien président français est renvoyé en procès dans une affaire politico-financière sous la Ve République. Jacques Chirac (1995-2007) avait été condamné en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Retraité politique depuis sa défaite à la primaire de la droite le 20 novembre, Nicolas Sarkozy, 62 ans, est renvoyé en procès pour financement illégal de campagne électorale, délit passible d'un an de prison et de 3750 euros d'amende.

Pensée «émue» de Fillon

Lui-même empêtré dans les soupçons d'emploi fictif de son épouse comme assistante parlementaire, le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon a dit avoir «une pensée émue» pour Nicolas Sarkozy, dont il fut le Premier ministre.

Concrètement, l'ancien président se voit reprocher, dans une ordonnance signée du 3 février, d'«avoir dépassé le plafond des dépenses électorales», «en engageant, sans tenir compte des deux alertes adressées par les experts comptables de sa campagne les 7 mars et 26 avril 2012, des dépenses électorales pour un montant d'au moins 42,8 millions d'euros». Une somme qui va bien au-delà du plafond légal fixé à 16,851 millions d'euros pour le premier tour et 22,509 millions pour le second tour, a expliqué une source judiciaire.

Un dépassement fruit d'une «stratégie» d'«occupation maximale de l'espace médiatique et télévisuel, avec la multiplication de meetings souvent spectaculaires, à la scénographie très étudiée, nécessitant l'emploi de moyens considérables et coûteux», note le juge Serge Tournaire dans son ordonnance.

Un chiffre «fantaisiste»

Par la voix de son avocat Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il ferait appel de cette ordonnance, signée seulement par l'un des deux magistrats saisis. Selon des sources proches du dossier, le juge Renaud van Ruymbeke ne partage pas l'analyse de son collègue sur une implication de l'ancien chef de l'Etat.

«Ce désaccord manifeste (...), fait rarissime pour être souligné, illustre l'inanité de cette décision», a affirmé Me Herzog. Il rappelle que son client «dément formellement avoir été informé d'un quelconque dépassement de son compte de campagne». «J'affirme que le chiffre fantaisiste de 42,8 millions d'euros, montant de ce prétendu dépassement, n'a jamais été évoqué au cours de l'information», ajoute-t-il, assurant que le libellé de sa mise en examen n'en faisait pas mention.

L'avocat rappelle par ailleurs que le Conseil constitutionnel a déjà sanctionné le dépassement de son compte de campagne le 4 juillet 2013, et que Nicolas Sarkozy a réglé, «sur ses deniers personnels», le montant du dépassement mis à sa charge, soit 363'615 euros.

Cadres de l'ex-UMP, comme son directeur général Eric Cesari, responsables de l'équipe de campagne, comme son directeur Guillaume Lambert ou Jérôme Lavrilleux, dirigeants de Bygmalion, comme Bastien Millot, et experts-comptables: le juge a ordonné le renvoi en procès de treize autres protagonistes pour faux ou usage, escroquerie ou complicité, abus de confiance ou recel et complicité de financement illégal de campagne.

Fausses factures

L'affaire porte avant tout sur un système de fausses factures à grande échelle pour masquer le dépassement du plafond, en profitant des faiblesses des contrôles.

Le scandale avait éclaté en 2014 quand des cadres de Bygmalion et Jérôme Lavrilleux avaient révélé cette fraude au profit de la campagne sarkozyste. Ils étaient alors eux-mêmes accusés de malversations, mais en faveur de leur proche Jean-François Copé, finalement mis hors de cause.

La triche avait consisté à imputer à l'UMP (devenue Les Républicains) quelque 16,2 millions d'euros de dépenses de meetings de la campagne, qui auraient dû figurer au compte officiel du candidat.

L'enquête n'a pas permis de déterminer qui a donné l'ordre. Plusieurs protagonistes ont prêté un rôle clé à Jérôme Lavrilleux, qui a toujours affirmé n'avoir été mis au courant qu'après la campagne.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Rosebud le 07.02.2017 10:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et alors...?!

    On a vu ce qui se passe quand un homme (ou femme) politique passe devant un tribunal. Rien! Quelque soit le délit (ou crime) commis on leur fait un sermon et, hop, à la maison...

  • Jean DeVaud le 07.02.2017 11:24 Report dénoncer ce commentaire

    Les Français

    peuvent se féliciter que justice et médias fassent sortir les affaires politiques. Chez nous rien, bizarre non?

  • Hervé D le 07.02.2017 10:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cynisme

    Le procès de l'arrogance, son ego est surestimé

Les derniers commentaires

  • Letapetôle le 08.02.2017 07:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est du METAL

    Il devrait finir en "tôle avec toutes ses casseroles !

  • Le Général De Gaule le 07.02.2017 13:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Épuisé

    Je ne ferais plus de commentaire

  • Francis le 07.02.2017 13:02 Report dénoncer ce commentaire

    IMPATIENCE

    la case prison, C'EST POUR QUAND BORDEL!!!!

  • Rols le 07.02.2017 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il a un probleme Sarko ??

    Nicolas , c est quand tu pars en vacances sur les îles. les excuses vont te les payer

  • Pierre le 07.02.2017 11:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On y croit mais oui

    A ce rythme il sera jugé en 2100 !