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08 juin 2018 09:58; Act: 08.06.2018 12:04 Print

Tariq Ramadan avoue avoir couché avec une Romande

Le théologien suisse a reconnu cinq relations extraconjugales «de domination» mais consenties, dont une avec une Suissesse, lors de son interrogatoire mardi.

Tariq Ramadan.
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Oui, Tariq Ramadan a eu des relations extraconjugales, à des années-lumière des enseignements qu'il prodiguait. Il en admet cinq, dont une avec une Suissesse. Est-ce la Romande qui a récemment porté plainte? La «Tribune de Genève», qui a pu prendre connaissance de l'audition, ne le dit pas.

En revanche, le quotidien croit savoir qu'il ne s'agit pas d'une ancienne élève du collège de Saussure, où le célèbre islamologue a enseigné de 1984 à 2004. Cette Romande-là évoque une relation consentie de 2004 à 2009 avant que les choses ne tournent au vinaigre. Elle aurait révélé leur péché à l'épouse de Tariq Ramadan dans une lettre envoyée en recommandé en 2009, selon le «Journal du Dimanche», cité par «La Tribune de Genève». Il n'aurait alors eu de cesse de la menacer: «Tu parles encore une fois de moi[...], c'est la foudre juridique qui s'abat sur toi. Dernier avertissement. Disparais et tais-toi!», lui aurait-il écrit.

«Si je te vois, je te viole»

Cette Suissesse serait chronologiquement la première des 5 maîtresses consentantes qu'il confesse. Lors de cet interrogatoire, d'abord relayé par France Inter, un SMS envoyé à sa maîtresse fait douter du caractère consenti des relations pudiquement appelées extraconjugales: «Si je te vois, je te viole... vaut mieux pas.» Tariq Ramadan ne s'en souvient pas. «Mais dans le jeu du dialogue, elle-même me disait «Je vais te violer», se défend-il. C'est comme pour le mot chienne. Ce que je veux que vous compreniez, c'est que, si j'ai employé ces mots-là, c'est que la personne que j'avais en face les employait également.»

Il insiste: il a toujours respecté les «non» formulés par la Suissesse comme par les autres. «Je le dis et je le répète, je ne suis pas un violeur, a-t-il réitéré lors de cet interrogatoire. Quand on me dit non, c'est non», a-t-il ainsi martelé face à la police.

Pourtant, à l'entendre, ce ne sont pas ses admiratrices qui disaient non, mais lui-même qui devait refuser leurs avances: «Ce sont des femmes qui viennent me chercher. Je n'étais pas seulement sollicité comme un intellectuel, mais comme un homme. [...] C'est moi qui suis harcelé», continue-t-il. «Je passe au Bourget pour une conférence, et le service d'ordre doit sortir trois femmes des toilettes parce que j'y vais.»

«C'est moi qui étais harcelé»

Parmi ses cinq «maîtresses» admises figure celle qui a porté plainte en mars et est connue dans les médias comme Marie. Il concède avoir eu avec elle des rapports durant environ deux ans. Mais il les tempère: «C'est moi qui étais harcelé, j'étais dépassé», affirme-t-il.

En revanche, il nie toute relation sexuelle avec les deux premières plaignantes, Henda Ayari, ex-salafiste devenue militante laïque, et Christelle. C'est Henda Ayari qui lui aurait envoyé des messages «explicites très intrusifs» et même parfois «crus». Quant à Christelle, c'est encore à son initiative qu'ils rentrent en contact. Et leurs rapports seraient restés «virtuels», même s'il reconnaît l'avoir rencontrée dans le hall d'un hôtel à Lyon.

(nxp)