Irak

11 septembre 2017 18:11; Act: 11.09.2017 18:32 Print

«Je veux rentrer en France, mais comment faire?»

Depuis que le groupe Etat islamique a été chassé de ses derniers bastions irakiens, 1400 femmes et enfants de jihadistes étrangers sont retenus dans un camp au sud de Mossoul.

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Les autorités irakiennes retiennent 1400 femmes et enfants étrangers de combattants présumés du groupe Etat islamique (EI) dans un camp au sud de Mossoul, depuis que les forces de sécurité ont chassé le groupe jihadiste de certains de ses derniers bastions irakiens, ont déclaré des responsables. Nombre de ces personnes disent venir de Russie, de Turquie et d'Asie centrale, mais l'on y trouve aussi des ressortissants de pays européens. Au total, quatorze nationalités différentes seraient représentées. La plupart de ces personnes ont été dirigées vers ce camp depuis le 30 août.

Selon un responsable des services de renseignement irakiens, les autorités sont en train de vérifier la nationalité des personnes internées, car un grand nombre de ces femmes ne disposent pas de papiers d'identité. Il s'agit du plus important groupe d'étrangers liés à l'EI à être détenus par les forces irakiennes depuis qu'elles ont entrepris de chasser les jihadistes de Mossoul et d'autres secteurs du nord de l'Irak l'an dernier, a déclaré un responsable des services d'aide humanitaire. Des milliers de jihadistes étrangers combattent dans les rangs de l'EI en Irak et en Syrie.

Reddition aux peshmergas kurdes

Les autorités irakiennes cherchent un lieu sûr pour héberger ces membres de familles tout en négociant leur rapatriement auprès de leurs ambassades respectives. Les personnes en question n'ont pas le droit de quitter le camp, déclare un haut responsable des services de sécurité.

Pour la plupart, ces femmes et ces enfants se sont rendus aux peshmergas (combattants kurdes) près de la ville de Tal Afar, ainsi que leurs maris. Les Kurdes ont remis les femmes et les enfants aux forces irakiennes, mais ont gardé les hommes, tous présumés jihadistes. Nombre de ces familles avaient fui Mossoul en direction de Tal Afar, ville qu'a reprise par la suite l'armée irakienne.

Des journalistes de Reuters ont vu plusieurs centaines de femmes et d'enfants parlant russe, turc ou français, assis sur des matelas déployés sous les tentes dans ce camp. «Je veux retourner (en France) mais je ne sais pas comment», déclarait en français une femme voilée d'origine tchétchène, qui dit avoir vécu à Paris avant d'arriver en Irak. Elle a ajouté tout ignorer du sort de son mari, qui l'avait amenée avec lui en Irak.

Risque de tensions

Selon des coopérants humanitaires, les autorités redoutent des tensions entre les Irakiens qui ont perdu leurs maisons et vivent aussi dans ce camp, et les nouveaux arrivants, ces femmes et enfants de jihadistes présumés.

Nombre d'Irakiens crient vengeance après avoir souffert de violences de la part de l'EI, qui a imposé une interprétation sévère de l'islam sunnite après s'être emparé de Mossoul et de vastes territoires en 2014. «Les familles sont gardées d'un côté (du camp), pour leur propre sécurité», a déclaré un agent des services de renseignement militaires irakiens.

(ats)