Piétons fauchés à Londres

19 juin 2017 11:11; Act: 19.06.2017 18:09 Print

«Je veux tuer tous les musulmans!»

Immobilisé au sol par l'imam de la mosquée qu'il a prise pour cible, l'homme qui a fauché plusieurs personnes a crié qu'il était fier de son acte.

Sur ce sujet
Une faute?

Un homme est mort et dix personnes ont été blessées après qu'un véhicule a fauché des piétons dans la nuit de dimanche à lundi près d'une mosquée du nord de Londres. Le maire de Londres parle d'une «attaque terroriste». «Un homme a été déclaré mort sur les lieux» de l'attaque et «huit blessés ont été conduits dans trois hôpitaux différents», a indiqué la police qui a saisi la «direction du contre-terrorisme». Deux autres personnes, légèrement blessées, ont été soignées sur place.



Le conducteur de la camionnette, âgé de 48 ans, a été immobilisé au sol par un imam de la mosquée, qui a exhorté la foule à ne pas faire de mal à l'assaillant avant l'arrivée de la police. Selon un témoin, l'individu a crié: «Je veux tuer tous les musulmans! J'ai fait ma part.»


Arrivée sur les lieux, la police a procédé à son arrestation. Depuis la camionnette des forces de l'ordre, l'homme s'est permis d'envoyer un baiser à la caméra. Des images largement reprises sur les réseaux sociaux.


Le quadragénaire a ensuite été emmené à l'hôpital et devra subir une expertise psychiatrique.

Traînés sur plusieurs mètres

«Il a foncé sur les gens. Il en a traîné quelques-uns sur plusieurs mètres», a raconté Abdiqadir Warra, qui a assisté à l'attaque. Dans une vidéo amateur vue par l'AFP, trois personnes sont allongées sur le sol, dont une recevant un bouche-à-bouche. Selon Abdul Rahman, un témoin cité par la BBC qui a neutralisé l'auteur des faits avec d'autres personnes, le conducteur a «délibérément roulé sur 10 ou 15 personnes».

«Horrible de voir des policiers faire des massages cardiaques à des gens allongés par terre en espérant désespérément les sauver», a écrit sur Twitter Cynthia Vanzella, témoin de la scène.



«Nous avons vu beaucoup de personnes crier et beaucoup de blessés», a déclaré David Robinson, 41 ans, arrivé sur les lieux après l'attaque. Des musulmans ont entamé des prières dans la rue, à proximité, a constaté une journaliste de l'AFP.

Cet événement se produit dans un climat d'extrême fébrilité au Royaume-Uni, frappé par trois attentats en trois mois, dont deux impliquant des véhicules ayant fauché des piétons.
La reine Elizabeth II a adressé samedi à ses sujets un message d'une gravité inhabituelle. «Cette année, il est difficile de ne pas ressentir la très sombre humeur nationale», a-t-elle déclaré en invitant les Britanniques à puiser dans leurs ressources, dans leur histoire, pour répondre à la «succession de terribles tragédies» des derniers mois: trois attentats sanglants et l'incendie d'une tour de logements sociaux à Londres qui a fait 79 morts ou présumés morts.

Sombre période pour le Royaume-Uni

Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l'islam et connu des services de police, avait fauché des piétons en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement. Cinq personnes avaient été tuées.

Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d'un concert de la pop-star américaine Ariana Grande.

Dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d'être abattus par la police. Huit personnes ont trouvé la mort.

La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d'Abou Hamza. Ce prêcheur d'origine égyptienne a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux Etats-Unis pour onze chefs d'inculpation liés à une prise d'otages et pour terrorisme. La direction de la mosquée a depuis changé, mais des lettres de menaces avaient été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015. La mosquée a condamné cette «attaque terroriste haineuse» dans un communiqué.


(joc/afp)