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Italie
10 février 2012 14:02; Act: 10.02.2012 14:13 Print
«Le pape mourra dans les douze mois à venir»
Le Vatican a qualifié vendredi de délirant un document secret en allemand, selon lequel le pape Benoît XVI serait assassiné dans les prochains mois.
Le document a été révélé par le journal Il Fatto Quotidiano. (photo: AFP)
Le journal de gauche «Il Fatto Quotidiano» a publié vendredi ce document «très confidentiel», daté du 30 décembre 2011 et qui aurait été remis par le cardinal colombien à la retraite Darío Castrillón Hoyos à la secrétairerie d'Etat et au secrétaire particulier de Benoît XVI en janvier.
Lourde ambiance et graves accusationsIl y a 15 jours, des lettres au cardinal Bertone et au pape, datant de 2011, avaient été révélées dans une émission de la chaîne privée «La Sette». Elles étaient signées de la main de l'ancien secrétaire général du gouvernorat du Vatican, Mgr Carlo Maria Vigano. Aujourd'hui nonce à Washington, il y critiquait la corruption au sein de cette administration, et estimait que certains dirigeants «privilégiaient leurs intérêts» aux dépens de ceux de l'Eglise.
Tout en critiquant la diffamation et une «désinformation» des médias laissant croire que l'administration vaticane serait profondément corrompue et divisée, le Vatican a reconnu l'authenticité de ces lettres. Ces missives confidentielles, contenant de sévères critiques de Mgr Vigano sur la gestion de subordonnés du cardinal Bertone, ont apparemment été remises à la presse par des membres de la Secrétairerie d'Etat.
Signe du malaise ambiant, deux actuels dirigeants du Gouvernorat du Vatican et deux anciens responsables ont adressé dimanche dernier une réponse publique cinglante aux critiques de Mgr Vigano. Pour eux, les accusations du prélat peuvent «donner l'impression que le gouvernorat, au lieu d'être un instrument de gouvernement responsable, est une institution indigne de confiance et contrôlée par des forces obscures». Leur ton a été jugé dur et inhabituel à l'égard d'un prélat nommé en octobre par le pape au poste prestigieux d'ambassadeur à Washington, et crédité pour avoir assaini énergiquement la gestion du Vatican.
Le Saint-Siège a dû prendre aussi ces derniers jours la défense de «l'Institut pour les oeuvres de religion» (IOR), en rejetant de nouvelles affirmations de la chaîne «La Sette» qui accusait la «Banque du Vatican» d'entrave à la justice. Certains médias entretiennent des relations privilégiées, voire amicales, avec des membres italiens de la Curie, qui peuvent à l'occasion décider de faire filtrer des informations dans le but de favoriser une personnalité ou un clan particuliers.
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Mgr Castrillón Hoyos aurait ensuite directement rencontré le pape mi-janvier pour évoquer avec lui l'affaire.
D'après le journal, ce document -- rédigé en allemand semble-t-il pour n'être accessible qu'au pape et à quelques proches collaborateurs --, reprend une déclaration alarmante qu'aurait faite l'archevêque de Palerme Paolo Romeo lors d'un déplacement en Chine, en novembre dernier.
Mgr Romeo aurait dit à des interlocuteurs avoir eu vent d'un complot, et que le pape devrait mourir dans les «douze mois à venir». Le document ne précise pas les participants à un éventuel complot ni l'endroit où le moment où le pape pourrait être assassiné.
«Considérations dénuées de toute réalité»
«Il est évident que ce document contient des considérations folles qui sont dénuées de toute réalité», a commenté le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi à l'AFP.
«Je ne nie pas l'existence de ce document en allemand» remis au Vatican, «j'affirme seulement qu'il ne faut absolument pas prendre au sérieux ce qui est écrit dans ce document et croire qu'il contient quelque chose de vrai», a-t-il ajouté.
Selon d'autres propos prêtés par le document à Mgr Romeo, Benoît XVI aurait désormais un rapport très conflictuel avec le cardinal secrétaire d'Etat (le numéro deux du Vatican) Tarcisio Bertone, et chercherait à le remplacer. Son candidat favori serait le cardinal de Milan, Angelo Scola.
Selon les experts, la diffusion du document pourrait s'inscrire dans une sourde lutte de pouvoir, des membres de l'administration vaticane cherchant à provoquer le départ du cardinal Bertone.
(afp)





















