France

12 octobre 2014 16:44; Act: 12.10.2014 17:02 Print

«Les êtres humains ne sont pas des marchandises»

Une ex-prostituée devenue militante de l'abolition de la prostitution a achevé dimanche une marche de 800 kilomètres pour réclamer l'adoption rapide d'une loi qui pénalise les clients.

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La proposition de loi votée par les députés en décembre 2013 a été repoussée en juillet par une commission du Sénat. Rosen Hicher, 57 ans, qui s'est prostituée pendant 22 ans avant d'en sortir en 2009, a souligné à son arrivée à Paris que «la prostitution n'est pas un droit. On n'a pas le droit d'acheter une femme ou de la vendre».

La fin de son périple coïncide avec la parution dans le Journal du dimanche d'un appel adressé aux sénateurs par 200 maires et conseillers municipaux pour leur demander d'«adopter rapidement un texte équivalent» à celui de l'Assemblée, qui renforce «la lutte contre le système prostitutionnel» et définisse «une politique publique globale et cohérente».

«Le Sénat se doit de rediscuter cette loi. Les Français y sont en grande majorité favorables», a abondé la secrétaire d'État chargée du Droit des femmes Pascale Boistard, venue soutenir Mme Hicher.

Outre la pénalisation des clients par une contravention de 1.500 euros, le texte entériné par l'Assemblée prévoit le renforcement de la lutte contre le proxénétisme, une aide aux victimes et le développement d'alternatives à la prostitution, et une politique d'éducation et de prévention auprès des jeunes.

Rosen Hicher, soutenue par un groupe d'élus et une centaine de militants abolitionnistes, ont manifesté dans l'après-midi près des Champs-Élysée où elle avait commencé à se prostituer dans un bar à hôtesses, avant de se rendre aux abords du Sénat. «Les êtres humains ne sont pas des marchandises», pouvait-on lire sur une banderole déployée par les manifestants.

La lutte pour une loi prohibitionniste ne fait pas l'unanimité dans la classe politique française, ni même chez les militants féministes, dont une partie défend plutôt une régulation du métier de prostituée. Mme Hicher s'est dit cependant «agréablement surprise» par l'accueil qui lui a été fait au cours de sa marche, preuve selon elle que le combat abolitionniste fait son chemin.

(afp)