Crise de la dette - FMI

27 mai 2012 16:52; Act: 27.05.2012 17:03 Print

«Tous les Grecs doivent payer leurs impôts»

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a appelé ce week-end les Grecs à prendre leur destin en main en s'acquittant notamment de leurs impôts.

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Madame Lagarde a ajouté que les enfants démunis d'Afrique ont davantage besoin d'aide que la population grecque. Ses déclarations ont lancé une polémique.

«Je pense qu'ils devraient s'aider mutuellement (...) en payant tous leurs impôts», a-t-elle dit dans une interview publiée ce week- end par le Guardian, en évoquant «tous ces gens qui tentent en permanence d'échapper à l'impôt».

«Je pense davantage à ces petits enfants d'une école d'un petit village du Niger qui n'ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l'éducation», poursuit-elle.

«Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu'ils ont davantage besoin d'aide que la population d'Athènes.»


De vives réactions


Les propos de la directrice française du FMI lui ont valu des milliers de commentaires souvent acerbes sur sa page Facebook. Un internaute grec l'interpelle ainsi: «Avez-vous simplement songé que nous étions à court d'argent?»

En Grèce, où les partis politiques sont de nouveau en campagne en vue des élections législatives du 17 juin, le chef de file du Parti socialiste (PASOK), Evangelos Venizelos, l'a accusée samedi soir d'avoir «humilié» le peuple.

«Personne ne peut humilier le peuple grec en cette période de crise et je dis ça tout particulièrement à l'adresse de Mme Lagarde», a-t-il dit dans un discours notamment repris dimanche par la radio française France Info. «Je l'appelle à reconsidérer ses déclarations», a-t-il également ajouté.


Sympathie pour le peuple grec


Face à ces critiques, Christine Lagarde a expliqué sur sa page Facebook: «Ainsi que je l'ai dit à de nombreuses reprises par le passé, j'éprouve beaucoup de sympathie pour le peuple grec pour les défis auxquels il est confronté. (...) Une part importante de cet effort réside dans le fait que chacun assume sa part du fardeau». Sans pour autant convaincre tout le monde.

«De la sympathie pour le peuple grec, Mme Lagarde? D'une manière ou d'une autre, les programmes d'austérité dont le FMI demande l'application en Grèce ne le confirment pas: ces directives d'austérité ont mené à un chômage de masse, à la pauvreté et à la destruction du tissu social de la Grèce», écrit un internaute, Costas Tourlos.

Dimanche encore, le chef du parti de la gauche radicale grecque Syriza, Alexis Tsipras, a apporté sa voix au concert de critiques contre la directrice du FMI, lui répondant que les Grecs ne cherchaient pas sa «sympathie» et que «les travailleurs grecs paient leurs impôts».

La porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a critiqué la vision «un peu caricaturale» de Mme Lagarde après ses propos sur la Grèce. Pour Paris, «il n'y a pas de leçon à donner» aux Grecs. Le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a évoqué des propos «indignes».

(ats)