Etats-Unis

12 juillet 2018 20:28; Act: 13.07.2018 08:21 Print

«Trump est une licorne qui chevauche un arc-en-ciel»

Ancien porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer sort un livre sur les coulisses du pouvoir. Il y décrit notamment le président américain en des termes surprenants.

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Sa sortie n'est agendée qu'au 24 juillet mais déjà, le livre de Sean Spicer commence à faire jaser. L'ex-porte-parole de la Maison-Blanche y raconte son expérience de six mois au sein de l'administration Trump et l'admiration qu'il voue au président. Sur Twitter, ce dernier s'est d'ailleurs félicité de la prochaine parution de l'ouvrage, «écrit avec du coeur et du savoir».



Une chose est sûre, Sean Spicer a une façon bien à lui de rendre hommage à son ex-patron, résume «The Guardian». «Je ne pense pas que nous verrons à nouveau un candidat comme Donald Trump. Peu de gens pourraient suivre sa manière de jouer avec le feu. Il est une licorne, chevauchant une licorne sur un arc-en-ciel. Sa franchise verbale comporte des risques que peu de candidats oseraient prendre. Sa capacité à passer d'un moment ressemblant à une fin de carrière à une attaque féroce contre ses adversaires est un talent dont peu de politiciens peuvent se féliciter», écrit l'ex-chef de la communication.

Dans «The Briefing: Politics, the Press and the President», Spicer revient également sur un épisode qui a failli détruire sa relation avec Donald Trump, dès son premier jour de travail. Après l'investiture du président, son entourage avait affirmé que jamais autant de monde n'avait assisté à une telle cérémonie. Or, des photos prises lors de la prestation de serment de Barack Obama en 2009 démentaient clairement cette information.



Déterminé à vouloir faire croire le contraire, Sean Spicer avait donné une conférence de presse désastreuse, lors de laquelle il avait accusé les médias de biaiser l'information et tenté de décrédibiliser les photographes.

En se montrant agressif et ferme, le porte-parole pensait avoir suivi la marche à suivre de Donald Trump. Il a rapidement déchanté: «Quand je suis retourné dans mon bureau, Reince (ndlr: Preibus, alors chef de cabinet) m'attendait et il m'a dit que le président n'était pas du tout satisfait de ma performance. Il n'a pas aimé le fait que je ne réponde à aucune question (...) Quelques minutes plus tard, le président en personne m'a appelé, et il n'était pas content. Et j'ai commencé à me demander si mon premier jour allait être mon dernier...»

Dans son ouvrage, Sean Spicer fait des révélations surprenantes concernant Paul Manafort, ancien conseiller de Donald Trump, en première ligne dans l'enquête sur l'ingérence russe lors de la campagne présidentielle. La Maison-Blanche a toujours minimisé le rôle joué par cet homme, mais le récit de Sean Spicer vient contredire Donald Trump: «Il n'y avait pas de structure de campagne, juste quelques personnes débordées, désemparées et surmenées qui aboyaient constamment dans leur téléphone. Paul a immédiatement mis en place les opérations politiques et communication nécessaires pour affronter la machine Clinton», écrit Spicer.



Pour rappel, Paul Manafort a quitté son poste de directeur de campagne de Trump en août 2016, après des révélations sur des revenus non déclarés. Dans l'attente de son procès pour blanchiment d'argent, fraude fiscale, défaut d'enregistrement en tant qu'agent étranger et obstruction à la justice, Manafort a été emprisonné. Selon un mandat de perquisition déclassifié et révélé dans les médias, un prêt de 10 millions de francs avait été accordé à la société de Paul Manafort par Oleg Deripaska, propriétaire l'un des plus grands groupes industriels russes.

(joc)