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Nucléaire iranien
07 février 2010 09:08; Act: 07.02.2010 17:12 Print
Ahmadinejad ordonne la production d'uranium hautement enrichi
Mahmoud Ahmadinejad a ordonné dimanche le démarrage de la production d'uranium hautement enrichi par l'Iran.
Le président iranien a invoqué l'absence d'accord sur un échange de combustible nucléaire après plus de trois mois de bras de fer avec les grandes puissances.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'a pas précisé quand devaient débuter les opérations. (photo: Keystone)
Mahmoud Ahmadinejad a fait cette annonce quelques jours après avoir affirmé que la République islamique n'avait «pas de problèmes» pour accepter un éventuel échange.
«J'avais dit: donnons (aux grandes puissances) deux à trois mois (pour conclure un accord d'échange d'uranium), s'ils ne sont pas d'accord nous commencerons nous-même» à produire de l'uranium hautement enrichi, a déclaré le président iranien en inaugurant une exposition consacrée aux réalisations de l'Iran dans le domaine des lasers.
«Mais (les grandes puissances) ont commencé à jouer avec nous, même si elles ont commencé à envoyer récemment des messages disant qu'elles voulaient trouver une solution», a-t-il ajouté.
«Maintenant, docteur Salehi, commencez à produire de l'uranium (enrichi) à 20% avec nos centrifugeuses», a déclaré M. Ahmadinejad dans son allocution en s'adressant au chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Ali Akbar Salehi présent à ses côtés.
Appel de Gates à un «front commun»
Le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a immédiatement réagi en appelant la communauté internationale à «faire front commun pour faire pression sur le gouvernement iranien». Londres a fait part de sa «profonde préoccupation».
L'enrichissement d'uranium est depuis plusieurs années au coeur du conflit entre l'Iran et une partie de la communauté internationale. Les chancelleries occidentales soupçonnent la République islamique de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil. Des soupçons réfutés par Téhéran.
Le président Ahmadinejad avait annoncé début décembre que l'Iran produirait de l'uranium à 20%, dont il dit avoir besoin pour son réacteur de recherche médicale à Téhéran, si les grandes puissances refusaient de le lui livrer à ses conditions.
Proposition des Six
L'Iran a rejeté en novembre une proposition soumise le 21 octobre par le groupe des Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande- Bretagne, Allemagne) sur l'envoi, en une seule livraison, de la plus grande partie de son stock d'uranium faiblement enrichi en Russie et en France pour y être transformé en combustible pour son réacteur de Téhéran.
Téhéran a fixé en retour un ultimatum aux Six pour qu'ils acceptent avant fin janvier de lui livrer du combustible à ses conditions - un échange simultané et en petites quantités.
L'Iran, menacé de nouvelles sanctions internationales par les Six après son refus, avait semblé assouplir sa position au cours des dernières semaines. Le 2 février, M. Ahmadinejad avait assuré que Téhéran n'avait «pas de problème» pour un échange, tout en restant flou sur ses conditions.
Les Six ont demandé à l'Iran de «traduire sa parole en actes» par une contre-proposition formelle à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
«Porte ouverte aux discussions»
«La porte reste ouverte aux discussions, nous ne l'avons pas fermée», a affirmé M. Ahmadinejad dimanche tout en ajoutant qu'un éventuel échange de combustible devrait être «inconditionnel». Il a appuyé son propos en affirmant que Téhéran était désormais capable d'enrichir de l'uranium par la technologie laser.
Le dossier du nucléaire iranien a figuré au menu de la conférence sur la sécurité à Munich cette fin de semaine. A cette occasion, le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a estimé qu'un accord sur le traitement à l'étranger de l'uranium iranien faiblement enrichi n'était «pas trop lointain».
Les Six se sont entretenus par vidéo-conférence vendredi des «deux pistes» suivies avec Téhéran, la piste diplomatique et la piste des «pressions». La Russie n'a pas exclu de durcir le ton si la République islamique ne se montrait pas plus constructive, mais Pékin a réitéré ses préventions quant à de nouvelles sanctions.
(ap)























