Fusillade à Las Vegas

04 octobre 2017 11:50; Act: 04.10.2017 15:16 Print

L'édito glaçant du «New York Times»

Excédé par le manque d'action des responsables politiques au sujet de la vente des armes aux Etats-Unis, le quotidien a choisi de marquer les esprits avec un calendrier édifiant.

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Deux jours après la pire fusillade de l'histoire des Etats-Unis, le «New York Times» a décidé de frapper fort avec un édito très engagé. Aux longues phrases, le quotidien américain a préféré un calendrier clair, net et précis. Il remonte au 12 juin 2016, jour de la fusillade survenue au Pulse, boîte de nuit gay d'Orlando (Floride). Chaque case grisée représente un jour où une fusillade a eu lieu. «477 jours. 521 tueries de masse. Zéro action du Congrès», dénonce le vénérable journal dans son titre.

D'après le «New York Times», les Etats-Unis n'ont pas connu six jours de suite sans tuerie de masse. Le quotidien américain n'en peut plus de l'inaction du monde politique quant à la vente des armes à feu, reprend le Huffington Post. L'exemple de Stephen Paddock, auteur de la fusillade de Las Vegas, est particulièrement parlant: l'homme possédait plus de 40 armes à feu, des milliers de munitions et des dispositifs permettant de transformer des fusils d'assaut en armes automatiques au pouvoir létal décuplé.

Informations incomplètes

Comment le retraité a-t-il pu amasser un tel arsenal? Aux Etats-Unis, ce n'est pas difficile. Et c'est surtout légal. Bien que le pays soit connu pour ses lois permissives en matière d'armes à feu, il existe bien des restrictions sur les ventes de plusieurs armes à un même acheteur. Mais elles ne sont pas difficiles à contourner. La plupart des armes sont achetées auprès de vendeurs disposant de licences fédérales et qui doivent vérifier les antécédents de leurs clients. Le FBI, la police fédérale, compare alors leur nom aux bases de données recensant les noms des délinquants connus.

Mais ces listes ne sont pas parfaites, car elles s'appuient sur des informations parfois incomplètes fournies par les Etats américains. Et quand une personne n'a pas d'antécédents - comme Stephen Paddock, comptable retraité âgé de 64 ans -, rien ne l'empêche d'acheter autant d'armes qu'elle le veut. Surtout au Nevada, Etat particulièrement permissif, où se trouve Las Vegas. «Il n'y a aucun moyen que l'ATF ou que le FBI le sache», poursuit Laura Cutilletta.

Armes facilement transformées

Ajoutant à l'horreur et au pouvoir de dévastation, Paddock a pu tirer une avalanche extrêmement nourrie de rafales sur les plus de 22'000 spectateurs rassemblés en contrebas pour un concert de country. Parmi la vingtaine d'armes cachées dans sa chambre d'hôtel, le retraité détenait 12 fusils d'assaut modifiés pour qu'ils puissent tirer des centaines de rafales sans avoir à actionner constamment la détente avec le doigt, selon l'ATF.

Les armes automatiques sont interdites aux Etats-Unis depuis les années 1980. Il est toutefois facile de convertir des semi-automatiques - du type du célèbre AK-47 ou de l'AR15 - largement disponibles chez les vendeurs spécialisés américains.

Pour 40 dollars, un petit dispositif permet de tirer avec une fréquence beaucoup plus soutenue qu'avec le doigt. Et pour seulement 99 dollars, on peut transformer une arme semi-automatique grâce à un autre mécanisme, dit «bump stock», permettant de tirer en continu jusqu'à ce que le chargeur soit vide. Ces dispositifs légaux sont même vendus accompagnés d'un certificat de l'ATF.

(joc/afp)