Venezuela

07 août 2017 06:48; Act: 09.08.2017 02:11 Print

L'armée, puissant acteur politique et économique

L'armée, attaquée dimanche, joue un rôle central dans le fonctionnement du pays, et a promis loyauté à Maduro.

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Image prétexte (Photo: Keystone)

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La puissante armée vénézuélienne, principal pilier du pouvoir du président socialiste Nicolas Maduro, a un rôle clé dans la crise politique que traverse actuellement le pays. Elle joue également un rôle essentiel dans les secteurs économiques stratégiques, notamment pétrolier.

Dotée d'un armement russe et chinois, la Force armée nationale bolivarienne (FANB) se déclare «chaviste, nationaliste et anti-impérialiste». Ses dirigeants ont juré «loyauté absolue et inconditionnelle» à Nicolas Maduro.

La FANB compte un effectif d'environ 365'000 hommes (appartenant aux forces terrestres, navales, aériennes, à la garde nationale et à l'armée de réserve). Cela représente un millier de militaires en moins que son voisin le Brésil qui a pourtant une population sept fois plus nombreuse, selon le réseau latino-américain de Défense, un centre d'analyse composé d'experts de la région.

Dimanche, Nicolas Maduro a affirmé que l'armée avait repoussé une «attaque terroriste» contre une base militaire située à Valencia, à l'ouest de Caracas, au cours de laquelle, selon lui, deux assaillants ont été tués et huit capturés.

Nouveaux «alliés»

En 2006, les Etats-Unis avaient interdit la vente et le transfert d'armement et de technologie militaire nord-américains vers le Venezuela. Ce qui a poussé le président de l'époque Hugo Chavez (1999-2013) à faire appel à de nouveaux «alliés stratégiques»: la Russie et la Chine.

La Russie a ainsi fourni au Venezuela des fusils, des lance-roquettes anti-chars, des blindés, des systèmes de défense anti-aériens et des avions de combat, des hélicoptères ainsi que des missiles, selon l'ONG Contrôle citoyen, qui suit l'activité militaire.

La Chine a pour sa part livré des équipements de communication, des tenues militaires, des radars, des véhicules blindés, des avions et des hélicoptères.

12 militaires minitres

Parmi les 32 ministres du gouvernement Maduro douze sont des militaires. Dix sont toujours en activité et deux à la retraite.

C'est le général Vladimir Padrino Lopez, ministre de la Défense, qui se trouve à la tête de l'armée. Le général Remigio Ceballos est le commandant de la stratégie opérationnelle. Le premier est comme «un super ministre», auquel les autres membres du cabinet doivent rendre des comptes, avait déclaré Nicolas Maduro l'an dernier.

Parmi les postes cruciaux détenus par des militaires se trouvent les ministères les plus importants dont ceux de la Présidence, de l'Intérieur et de la Justice, de l'Alimentation, de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Habitat, de l'Electricité ainsi que des Travaux publics.

L'opposition rend responsable le colonel Rodolfo Marco Torres, ministre de l'Alimentation, de la pénurie de produits alimentaires qui affecte durement le pays. Le ministre de l'Habitat, le général Manuel Quevedo, pilote l'un des programmes clés du gouvernement Maduro: la livraison de 1,7 million d'appartements subventionnés.

L'opposition critique la large participation des militaires au sein du gouvernement et leur «politisation». «La pire erreur de (Hugo) Chavez a été de sortir les militaires de leurs casernes. Qui va les y renvoyer?», avait déclaré l'an dernier Henry Ramos Allup, vétéran de la politique et ex-président du Parlement.

Un pouvoir économique

Une chaîne de télévision, une banque, une usine d'assemblage de voitures et un groupe de construction font partie des entreprises contrôlées par les militaires vénézuéliens. A cette liste s'ajoute la Compagnie anonyme militaire des industries minière, pétrolière et gazière (Camimpeg) créée en 2016.

Cette compagnie a les mêmes fonctions que l'entreprise publique Pdvsa (Petroleos de Venezuela): réhabiliter et entretenir les puits, vendre et distribuer des produits dans les domaines des mines, du pétrole et de la pétrochimie et du gaz.

Camimpeg est au coeur du «moteur industriel militaire», selon Maduro. La compagnie a pour objectif d'affronter ce que le président considère comme une «guerre économique» menée par l'opposition et des entrepreneurs afin de, estime-t-il, déstabiliser son gouvernement.

(nxp/ats)