Présidentielle au Kenya

11 août 2017 21:23; Act: 12.08.2017 11:24 Print

Le président réélu Kenyatta appelle au calme

Réélu avec 54,27% des voix, le président sortant Uhuru Kenyatta a appelé à la paix, tandis que l'opposition crie à la «mascarade».

Voir le diaporama en grand »
Le président kényan Uhuru Kenyatta a été investi mardi. (Mardi 28 novembre 2017) Il a été élu pour un second et dernier mandat à la tête de son pays après saga électorale, marquée notamment par l'invalidation en justice de la présidentielle du 8 août. (Mardi 28 novembre 2017) Réélu à la présidentielle d'octobre, boycottée par l'opposition, Uhuru Kenyatta a prêté serment sous les vivats des 60'000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de la capitale Nairobi. (Mardi 28 novembre 2017) Le chaos était rendez-vous autour du stade de Kasarani. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des partisans du président qui voulaient pénétrer dans l'enceinte déjà remplie, faisant plusieurs blessés. (Mardi 28 novembre 2017) Uhuru Kenyatta est bien réélu à la tête du Kenya. La Cour suprême du Kenya a rejeté ce lundi les deux recours demandant l'invalidation de l'élection présidentielle du 26 octobre. (20 novembre 2017) De nouvelles manifestations ont éclaté ce vendredi à Nairobi, faisant au moins 3 morts. (17 novembre 2017) Deux recours ont été déposés devant la Cour suprême kényane pour contester la réélection du président sortant Kenyatta. (Lundi 6 novembre 2017 - Image 26 octobre) Raila Odinga: «On ne peut pas en rester là avec cette élection. Si on le permettait, ce serait une farce intégrale (...) et potentiellement la fin du scrutin électoral comme moyen d'instituer le gouvernement au Kenya.» (31 octobre 2017) Le président de la Commission électorale (IEBC) a tranché. Uhuru Kenyatta a remporté le premier scrutin, qui avait été annulé le 1er septembre par la Cour suprême. (Lundi 30 octobre 2017) Alors que les provinces de l'ouest du pays n'ont pas pu voter jeudi, la décision de la commission électorale est très attendue. (Image 28 octobre 2017) Kenya's President Uhuru Kenyatta casts his ballot as he votes at a polling station at Mutomo primary school in Kiambu on October 26, 2017 as polls opened for the presidential elections. / AFP PHOTO / SIMON MAINA Pour des raisons de sécurité, la Commission électorale a décidé vendredi de reporter à une date ultérieure le vote qui devait avoir lieu samedi dans quatre comtés de l'ouest du pays (Image - vendredi 27 octobre 2017) Kenya's President Uhuru Kenyatta casts his ballot as he votes at a polling station at Mutomo primary school in Kiambu on October 26, 2017 as polls opened for the presidential elections. / AFP PHOTO / SIMON MAINA Ces quatres comtés n'avaient déjà pas pu voter jeudi, pour les mêmes raisons. Les affrontements depuis jeudi ont fait au moins 8 morts et des dizaines de blessés. (vendredi 27 octobre 2017) Ces quatre comtés de l'Ouest sont aussi relativement favorables à l'opposant Raila Odinga (ici), candidat malheureux à la présidentielle d'août, présidentielle dont le résultat a été invalidé - d'où le nouveau vote de ce jeudi. (Image - 27 octobre 2017) La situation s'est tendue vendredi 27 octobre, dans les bastions de l'opposition, à l'Ouest du pays et surtout dans le bidonville de Kawangware (ici) à Nairobi. Une personne y a été tuée par la police, en marge d'affrontements entre communautés, de pillages et d'incendies. (IMage- vendredi 27 octobre) Le résultat, encore repoussé, ne fait toutefois aucun doute: Uhuru Kenyatta (ici) est assuré de l'emporter, Raila Odinga ayant décidé de ne pas participer à ce qu'il a qualifié de «mascarade» électorale. Mais la failbe participation (35% pourl e moment) n'assoit guère sa légitimité). (Image - jeudi 26 octobre 2017) Après une élection présidentielle marquée par des violences, le Kenya est encore plus divisé que par le passé. (Jeudi 26 octobre 2017) Des échauffourées ont éclaté jeudi matin entre forces de sécurité et manifestants à l'ouverture des bureaux de vote. La police a usé de la force pour disperser les opposants qui entravaient l'accès aux bureaux de vote, comme à , où l'on a déploré au moins trois morts. (Jeudi 26 octobre 2017) Un policier kényan tente de disperser une manifestation d'opposants. (Jeudi 26 octobre 2017) A Huruma, des électeurs se présentent au bureau de vote. (Jeudi 26 octobre 2017) Les bureaux de vote ouvraient timidement leurs portes au Kenya pour l'élection présidentielle, élection boycottée par l'opposition qui conteste la crédibilité du scrutin. (Jeudi 26 octobre 2017 - Image 25 octobre) Des femmes manifestent devant le siège de la Cour suprême kényane, qui n'a pas pu se réunir puisque cinq de ses sept juges étaient absents. (Mercredi 25 octobre 2017) L'opposition kenyane, menée par Raila Odinga, entend manifester le jour de l'élection présidentielle. (Mercredi 18 octobre 2017) La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, lors du scrutin du 8 août. Des irrégularités ont été relevées dans les opérations de vote. (1er septembre 2017) Raila Odinga lors d'une conférence de presse. Il a annoncé qu'il allait saisir la Cour Suprême pour contester la réélection du président Uhuru Kenyatta. (Mercredi 16 août 2017) L'opposition menée par Raila Odinga a reporté de 24 heures la présentation de sa stratégie pour contester la victoire d'Uhuru Kenyatta à la présidentielle kényane. (Mardi 15 août 2017) Déjà défait trois fois auparavant à la présidentielle, Raila Odinga a décidé de ne pas s'incliner sans avoir mené jusqu'au bout ce qui pourrait être sa dernière grande bataille politique, à 72 ans. (Lundi 14 août 2017) Le parti du président tout juste réélu Uhuru Kenyatta (ici à l'image) a ravi à l'opposition un nombre important de postes de gouverneurs, lors des élections générales du 8 août. (Lundi 14 août 2017) Un homme gît à terre après avoir été tabassé par la foule lors de heurts entre les soutiens du leader de l'opposition Raila Odinga et les supporteurs du président Uhuru Kenyatta. (Dimanche 13 août 2017) De violents affrontements ont opposé dimanche dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l'ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l'opposant Raila Odinga. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga ne cède pas et continue de contester le résultat de l'élection présidentielle kényane. Il annoncera sa stratégie mardi. (13 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) A Kibera, des supporteurs en colère de Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant selon eux à des membres de l'ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta. (Vendredi 11 août 2017) Les forces de sécurité kenyanes ont été déployées dans les rues de Kisumu peu après l'annonce de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta vendredi soir. (Vendredi 11 août 2017) Uhuru Kenyatta reçoit le certificat qui confirme sa réélection. (Vendredi 11 août 2017) Le président sortant Uhuru Kenyatta a été réélu avec 54,27% des voix. (Vendredi 11 août 2017) Les supporters de l'actuel président Uhuru Kenyatta fêtent sa victoire alors même que les résultats officiels ne sont pas tombés. L'opposition dénonce une mascarade. (Vendredi 11 août 2017) L'opposition a enjoint la Commission électorale de déclarer son candidat Raila Odinga «vainqueur» de l'élection présidentielle. Il aurait obtenu un peu plus de 8 millions de voix. (Jeudi 10 août 2017) La commission électorale au Kenya annonce que les résultats officiels tomberont vendredi midi au plus tard. L'attente est tendue. (Jeudi 10 août 2017) L'artiste de rue Solomon Muyundo, également connu sous le nom de Solo7, peint un message de paix dans les bidonvilles de Kibera, l'un des bastions du chef de l'opposition Raila Odinga à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) Une femme en pleurs. Son frère vient d'être abattu, dans une ruelle du bidonville de Mathare à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) La chasse aux manifestants qui soutiennent l'opposant Raila Odinga est donnée dans le bidonville de Mathare à Nairobi. La police a tiré à balles réelles. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré à balles réelles contre des partisans de Raila Odinga. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants ayant érigé des barricades et mis le feu à des pneus dans un quartier de la ville de Kisumu. (Mercredi 9 août 2017) L'opposant kényan Raila Odinga a rejeté en bloc mercredi les résultats d'une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique. (Mercredi 9 août 2017) Un face à face tendu entre police et manifestants. Les résultats du vote ont été transmis électroniquement par 94,5% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,36% des suffrages, contre 44,77% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, des manifestants ont dressé des barricades. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, les manifestants dénoncent le trucage électorale. Partisans de Raila Odinga, ils appellent à la démission de Uhuru Kenyatta. (Mercredi 9 août 2017) Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorale Quelque 19,6 millions d'électeurs étaient appelés à départager Uhuru Kenyatta, fils du premier président du Kenya indépendant, et Raila Odinga, vétéran de la politique Des urnes sont prises en charge par des inspecteurs de la Commission électorale (IEBC) de l'école primiare de Huruma L'opposant Raila Odinga vote dans le bidonville de Kibera. (8 août 2017) Une Masaï fait la queue pour voter, à Ewaso Kendo. (8 août 2017) En compagnie de son épouse, Uhuru Kenyatta oter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Uhuru Kenyatta vient de voter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Dans les faubourgs de Nairobi, une forte affluence pour voter.. (8 août 2017) A Mombasa, la queue pour aller voter. (8 août 2017) Un partisan de Uhuru Kenyatta, lors de la campagne électorale. (Vendredi 4 août 2017) Une manifestation de soutien à Raila Odinga, à Nairobi. (Samedi 5 août 2017) L'opposant Raila Odinga, 72 ans, vétéran de la politique kényane, est candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle. Le président sortant Uhuru Kenyatta participe à une prière préélectorale à Nairobi. Le fils du premier président du Kenya indépendant espère remporter le scrutin prévu le 8 août. (30 juillet 2017))

Une faute?

Des émeutes et des scènes de liesse ont éclaté vendredi au Kenya dès l'annonce de la réélection du président Uhuru Kenyatta pour un second mandat de cinq ans, qualifiée de «mascarade» par l'opposition.

Dans une adresse à la Nation juste après la proclamation de sa victoire par la commission électorale (IEBC), Uhuru Kenyatta, crédité de 54,27% des voix, a tendu la main à son principal rival Raila Odinga, qui a récolté 44,74% des suffrages, et appelé à la paix.

«Nous devons travailler ensemble, nous devons faire équipe, nous devons grandir ensemble, nous devons ensemble faire grandir ce pays», a lancé le chef de l'Etat sortant, assurant en outre qu'«il n'est pas nécessaire de recourir à la violence».

Mais dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du pays (1100 morts), la victoire de Uhuru Kenyatta a été suivie de scènes de violence dans des bastions de l'opposition, à Kisumu (ouest), ainsi que dans plusieurs bidonvilles et quartiers populaires de Nairobi, tels que Kibera, Kariobangi, Mathare et Dandora.

Des coups de feu

Dans le même temps, dans les villes de Nakuru, Eldoret et Nyeri, ainsi que dans certaines zones de Nairobi, des milliers de personnes chantaient et dansaient en liesse dans les rues pour fêter la victoire de leur champion, Uhuru Kenyatta. «C'est à Uhuru de diriger. Il est le meilleur dirigeant que nous ayons eu», s'enthousiasmait Simon Kipkoech, à Eldoret.

A Kibera, des supporteurs en colère de Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant selon eux à des membres de l'ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta, selon un photographe de l'AFP. La police a tiré des coups de feu en direction des émeutiers, a indiqué la même source.

Dans la ville de Kisumu, un groupe d'une centaine de personnes a également déclenché des émeutes dans le quartier de Kongele, où des échauffourées avaient déjà eu lieu mercredi, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Ils sont venus nous tuer comme en 2007», a déclaré un manifestant dans le bar d'un quartier de Nyalenda à Kisumu, où il avait trouvé refuge avec quelques personnes, après que la police eut ouvert le feu sur un groupe tentant de manifester.

Bonne tenue

Mercredi, au moins six personnes avaient été tuées, dans le bidonville de Mathare après des affrontements entre police et partisans de l'opposition, et dans l'attaque d'un bureau de vote dans l'est du pays. Dans ce contexte tendu, les prochaines déclarations de Raila Odinga seront déterminantes. Jeudi soir, Raila Odinga avait appelé au calme tout en ajoutant: «Je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice».

«Je pense que tout ça relève d'une mascarade totale, c'est un désastre», avait déclaré James Orengo, un des principaux leaders de la coalition d'opposition, peu de temps avant la proclamation du vainqueur.

«Pour nous, aller en justice n'est pas une alternative. Nous sommes passés par là dans le passé. Ce n'est pas une option», a ajouté James Orengo. «A chaque fois qu'une élection a été volée, le peuple kényan s'est levé pour faire en sorte que des changements interviennent afin de faire du Kenya un meilleur endroit», a-t-il lancé.

L'IEBC avait publié des résultats provisoires dès mardi soir, mais la compilation et authentification des résultats définitifs a pris trois jours, durant lesquels l'opposition a évoqué un piratage informatique - démenti par l'IEBC -, soutenu qu'il y avait eu des bureaux de vote illégaux et affirmé que Raila Odinga devait être déclaré vainqueur.

La bonne tenue des élections générales, dont le taux de participation s'élève à 78,91%, avait pourtant été unanimement saluées par la communauté internationale. Les présidents rwandais et ougandais Paul Kagame et Yoweri Museveni ont d'ores et déjà félicité sur Twitter leur homologue kényan.

Rivalité dynastique

Les accusations de fraude ont exacerbé les passions déjà lestées d'un demi-siècle de rivalité dynastique entre les familles Kenyatta et Odinga. Le père de ce dernier, Jaramogi Oginga Odinga, fut brièvement vice-président, avant de perdre la lutte post-indépendance pour le pouvoir au profit du premier chef d'État Jomo Kenyatta, père d'Uhuru.

A 72 ans, Raila Odinga livre certainement sa dernière grande bataille politique, lui qui s'est présenté quatre fois sans succès à la présidentielle. En 2007, il avait rejeté la réélection de Mwai Kibaki, lors d'un scrutin entaché de nombreuses fraudes selon les observateurs. En 2013, il avait aussi contesté sa défaite et s'était tourné en vain vers la justice.

Raila Odinga, membre de la communauté luo de l'ouest du pays, s'est une nouvelle fois présenté comme le garant d'une répartition plus équitable des richesses de l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est. De son côté, le président Kenyatta a mis en avant avec son colistier William Ruto le développement économique du pays, avec notamment la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et Mombasa.

(nxp/afp)