France

11 mars 2010 21:22; Act: 11.03.2010 21:29 Print

Nouveau suicide d'un salarié de France TélécomNouveau suicide d'un salarié de France Télécom

Un nouveau salarié de France Télécom s'est suicidé dans la nuit de mercredi à jeudi, portant à une dizaine depuis le début de l'année le nombre d'employés ayant mis fin à leurs jours au sein de l'entreprise.

  • par e-mail
Une faute?
Signalez-la nous!
Envoyer

L'homme, âgé de 44 ans, s'est suicidé à son domicile de Lille (nord), a expliqué un responsable syndical Sébastien Crozier (CFE-CGC-Unsa). Il était marié et père de trois enfants.
Pour la direction, c'est le neuvième suicide depuis le début de l'année, tous commis hors du lieu de travail.

Selon les syndicats, c'est le dixième car ils incluent celui d'un salarié parti en congé sabbatique. Sur les deux années 2008 et 2009, le nombre de suicides de salariés de France Télécom s'est établi à 35 (sur 102.000 employés).

«On ignore la part de responsabilité du travail» dans le dernier suicide, a indiqué un autre responsable syndical Christian Pigeon (Sud-PTT). «La spirale des suicides n'est malheureusement pas brisée», a-t-il regretté. La direction n'exclut «aucune piste sur les causes». «C'est la consternation et l'incompréhension la plus totale», a-t-elle déclaré.

Un rapport remis cette semaine souligne la persistance des difficultés dans cette entreprise et préconise la mise en place de médiateurs et une réforme du management et des ressources humaines pour réduire le stress des salariés.
Ces morts ont mis sur la sellette les méthodes de management du géant des télécoms pour adapter un ancien monopole public, encore composé de 65% de fonctionnaires, au nouveau monde ultra-concurrentiel de la téléphonie et de l'internet.

Des salariés ont fait état de contrôles très serrés du personnel, de pressions insupportables pour gagner en productivité, de déshumanisation des relations. L'Inspection générale des affaires sociales, chargée de déterminer si certains suicides intervenus en 2008 ou 2009 étaient imputables au travail, a recommandé à France Télécom d'en classer trois ainsi qu'une tentative comme accident de service, c'est-à-dire ayant un lien avec leur emploi, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

Les déclarations d'accident de service doivent ensuite passer devant une commission, présidée par l'employeur et à laquelle participent des représentants du personnel et des médecins extérieurs. Cette commission peut décider d'une pension pour les ayants droit.

(afp)