Attaques acoustiques

27 septembre 2017 03:11; Act: 27.09.2017 03:16 Print

Tillerson discute avec son homologue cubain

Tillerson a rencontré mardi son homologue cubain au sujet des attaques acoustiques visant des diplomates américains à Cuba.

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Image d'archive de Rex Tillerson. (Photo: AFP)

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Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a rencontré mardi à Washington son homologue cubain Bruno Rodriguez Parrilla et leur conversation a «été ferme et franche», a assuré mardi le département d'Etat, Cuba évoquant une réunion «dans un climat respectueux» centrée sur l'affaire des «attaques acoustiques» de diplomates américains à Cuba.

«La conversation a été ferme et franche et reflète la profonde préoccupation des Etats-Unis pour la sûreté et la sécurité de son personnel diplomatique», a indiqué la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert dans un communiqué.

Lors de cet échange, M. Tillerson «a souligné la gravité de la situation et fait état de l'obligation des autorités cubaines de protéger le personnel de l'ambassade et leurs familles en vertu de la Convention de Vienne», selon la porte-parole.

«Climat respectueux»

La rencontre, la première entre les deux hommes depuis l'entrée en fonction en janvier de Donald Trump, s'est tenue à l'abri des caméras, selon le département d'Etat, et a eu lieu à la demande du gouvernement cubain, mais «le secrétaire d'Etat aura de nombreuses questions à poser», avait indiqué avant la rencontre Mme Nauert.

«La réunion s'est tenue dans un climat respectueux», a indiqué pour sa part le ministère cubain des Affaires étrangères dans un communiqué, indiquant que l'échange avait porté essentiellement sur l'affaire des mystérieuses «attaques acoustiques».

M. Parrilla a «réitéré le sérieux, l'empressement et le professionnalisme avec lesquels les autorités cubaines ont pris en charge cette affaire», indique le communiqué, évoquant l'ouverture d'une «enquête prioritaire» dès le début de l'affaire et la mise en place de «mesures additionnelles de protection des diplomates américains et de leurs familles».

Le ministère cubain assure en outre «remplir rigoureusement ses obligations envers la Convention de Vienne» et dit sa volonté de poursuivre avec les Etats-Unis «le dialogue bilatéral sur des thèmes d'intérêt commun».

«Perte définitive d'audition»

Au moins 21 employés de l'ambassade des Etats-Unis à La Havane ou membres de leurs familles ont eu des problèmes de santé confirmés par des médecins, plusieurs d'entre eux ayant dû être rapatriés pour être soignés. Selon un syndicat de la diplomatie américaine, ces «attaques par harcèlement acoustique» ont provoqué chez certaines victimes de «légères lésions cérébrales», une «perte définitive d'audition», mais aussi «une perte d'équilibre, des migraines aiguës, des troubles cognitifs et des oedèmes cérébraux».

Au moins cinq diplomates canadiens et leur famille en ont également été victimes, d'après la télévision canadienne CBC. «Le dernier incident confirmé médicalement a eu lieu en août», a dit mardi un responsable du département d'Etat américain à l'AFP, sans exclure de nouveaux cas «puisque des professionnels de santé continuent d'examiner» les diplomates en poste à Cuba et leurs proches.

L'origine de ces incidents reste obscure. Le chef de la diplomatie cubaine a ainsi assuré la semaine dernière à l'ONU que son pays n'avait pas réussi à identifier «la cause des problèmes de santé» qui «auraient touché des responsables diplomatiques américains», laissant entendre que Cuba n'avait pas la «preuve» qu'il s'agissait bien d'attaques acoustiques. Il a appelé à ne pas «politiser» cette affaire.

«Nous n'avons pas de réponse définitive sur l'origine ou la cause des incidents», a encore reconnu mardi le responsable du département d'Etat, assurant que l'enquête américaine se poursuit.

Washington a expulsé en mai, discrètement, deux diplomates cubains, estimant que La Havane est responsable de la sécurité du personnel étranger sur son territoire. Et Rex Tillerson a annoncé récemment qu'une fermeture de l'ambassade américaine, rouverte en 2015 après un demi-siècle de rupture des relations, était «à l'étude».

(nxp/afp)