Attentat sur les Champs-Elysées

21 avril 2017 07:03; Act: 21.04.2017 10:22 Print

L'assaillant avait déjà attaqué des policiers

L'auteur de l'attaque contre les forces de l'ordre jeudi soir sur la célèbre avenue parisienne avait déjà été condamné pour tentative de meurtre sur des agents.

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L'homme qui a abattu jeudi un policier sur les Champs-Elysées à Paris était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, a-t-on appris de sources proches de l'enquête. Une perquisition était en cours dans la nuit dans le département de la Seine-et-Marne, près de Paris, au domicile de cet homme, un Français de 39 ans. Il s'agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attentat. L'assaillant a été abattu par la police au cours de la fusillade.

L'attentat a été revendiqué dans un communiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI). L'organisation a affirmé que l'auteur de l'attaque dans ce lieu symbolique de Paris, fréquenté par les touristes du monde entier, est «Abu Yussef le Belge». Or, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est bien le Français de 39 ans, précédemment évoqué.

Billet de train Thalys

Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui nommé par le groupe EI. D'autant qu'un avis de recherche visant un homme, portant le même prénom que celui de la revendication de l'organisation EI, avait été transmis jeudi par la Belgique à la France, selon le ministère français de l'Intérieur. L'homme s'est présenté dans la matinée dans un commissariat d'Anvers, a précisé peu après ce porte-parole, Pierre-Henry Brandet. Selon un porte-parole du parquet fédéral belge, interrogé vendredi par l'AFP, «tout ce que qu'on peut dire, c'est qu'à l'heure actuelle, à 09h15 ce matin, il n'y a pas de lien entre cet événement (la fusillade à Paris, ndlr) et la Belgique», même si «l'enquête se poursuit activement en étroite collaboration avec les enquêteurs français».

Selon une source proche de l'enquête sur la fusillade des Champs-Élysées, l'homme signalé par les Belges, âgé de 35 ans et présenté comme «très dangereux», devait être entendu dans un dossier belge. Lors d'une perquisition, les autorités belges avaient trouvé un billet de train Thalys pour la France en date du 20 avril 2017, des armes à feu et des cagoules.

L'auteur présumé, identifié par les enquêteurs, avait été condamné en février 2005 à quinze ans de réclusion pour trois tentatives d'homicide volontaire, dont deux visant des policiers. Il avait reconnu les faits lors de son procès en appel. En première instance en 2003 devant une cour d'assises, il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

Son procès trouvait son origine dans une course-poursuite en 2001. Alors qu'il circulait au volant d'une voiture volée, armé d'un revolver, il avait percuté un véhicule conduit par deux frères dont l'un d'eux était élève policier.

Identité «connue et vérifiée»

Le chauffard avait pris la fuite à pied avant d'être rattrapé par le conducteur de la voiture percutée et son frère muni d'un brassard «police». Le chauffard avait tiré deux balles, les blessant grièvement tous deux au thorax. Il avait été arrêté peu après et placé en garde à vue sous un faux nom.

Deux jours plus tard, il avait grièvement blessé un policier qui le sortait de sa cellule et dont il avait saisi l'arme, faisant feu à plusieurs reprises.

L'identité de l'attaquant qui a tué un policier et en a blessé deux autres jeudi soir sur les Champs-Elysées «est connue et a été vérifiée», a annoncé le procureur de la République de Paris, François Molins. S'exprimant devant la presse près du lieu de l'attaque, il s'est cependant refusé à donner l'identité de cet homme, en raison des nécessités de l'enquête.

Pour sa part France 2 ajoute que l'assaillant avait été placé récemment en garde à vue à Meaux (Seine-et-Marne), car il se disait qu'il cherchait des armes pour tuer des policiers. Son profil n'ayant pas été jugé dangereux, il a ensuite été relâché, a ajouté Audrey Goutard, spécialiste police-justice de la chaîne publique.


Des perquisitions et investigations sont en cours pour établir «s'il a bénéficié ou pas de complicités», a poursuivi M. Molins, qui donnera un point de presse dans la journée de vendredi.

Un homme a diffusé la vidéo de l'attaque sur Snapchat


(cga/afp)