Présidentielle française

26 avril 2017 20:02; Act: 26.04.2017 20:15 Print

Macron hué et sifflé par des salariés menacés

La campagne de second tour s'est accélérée mercredi avec la visite surprise de Marine Le Pen sur le site Whirlpool d'Amiens. Emmanuel Macron, qui lui a succédé peu après, y a reçu un accueil houleux.

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C'est lorsque Mme Le Pen a appris que l'ex-ministre de l'Economie «n'entendait pas venir» sur le site même de l'usine qu'elle a choisi de s'y rendre, a-t-elle déclaré. Elle n'y est restée guère qu'une dizaine de minutes. M. Macron avait rendez-vous à 12h00 avec l'intersyndicale de l'entreprise dans les locaux de la chambre de commerce d'Amiens.

«Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois», a déclaré à la presse Mme Le Pen, qui s'est défendue de «faire un coup médiatique». Accueillie par des sourires, elle s'est faite photographier pendant une dizaine de minutes aux côtés de salariés, dont certains en pleurs, faisant des selfies.

Macron sifflé

Le candidat d'En Marche! a répliqué du tac au tac. Il a annoncé sa visite dans l'après-midi auprès des salariés. «Mme Le Pen fait de l'utilisation politique, puisqu'elle va haranguer des militants politiques sur un parking», a-t-il cinglé.

Il a été accueilli par des sifflets et des «Marine présidente», alors que des militants FN étaient restés sur place. Il a ensuite dialogué pendant plus de 40 minutes avec des salariés.

«La fermeture des frontières, c'est une promesse mensongère», a notamment mis en garde le candidat. Il leur a promis de revenir «rendre compte». Dans la soirée, M. Macron tiendra un meeting à Arras.

Affiches pour le second tour

Ce chassé-croisé surprise et contrasté dans l'accueil fait monter d'un cran l'intensité autour de cette campagne de second tour. Les équipes des deux candidats ont présenté mercredi matin les affiches et slogans de cette nouvelle phase: «Ensemble, la France!» pour M. Macron, «Choisir la France» pour Mme Le Pen, avec les deux concurrents en tenue bleue.

M. Macron, qui a assuré n'avoir «aucun regret» d'avoir célébré son résultat dimanche à la brasserie parisienne La Rotonde, a essuyé une nouvelle salve de critiques mercredi pour son début de campagne d'entre-deux-tours.

«Je crois qu'il a pensé qu'il était déjà élu. (...) Ce n'est pas si simple que cela», a dit le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Il a également déploré l'attitude de M. Macron dans la perspective des législatives (11 et 18 juin). François Hollande a, lui, demandé aux membres du gouvernement de «s'engager pleinement dans la campagne pour que Marine Le Pen ait le score le plus bas possible».

«A la soupe pour un petit poste»

A droite, François Baroin s'est dit «absolument convaincu» de pouvoir remporter les législatives et d'imposer une cohabitation à M. Macron si celui-ci accède à l'Elysée. M. Baroin a mis en garde contre ceux qui, chez Les Républicains (LR), iraient «à la soupe pour un petit poste» dans un gouvernement Macron.

Les Républicains continuent par ailleurs de se diviser sur l'attitude à adopter avant le 7 mai. Alain Juppé, qui appelait à un choix clair en faveur de M. Macron, a été rejoint par Nicolas Sarkozy, convaincu que le projet de Mme Le Pen «entraînerait des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français».

A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a fait savoir qu'il ne révélerait pas, malgré les critiques, son choix de vote au second tour, quel que soit le résultat de la consultation engagée auprès des militants de La France insoumise.

Plusieurs milliers de policiers français ont eux appelé mercredi les deux candidats finalistes de la présidentielle à entendre leur «colère» face à la dégradation de leurs conditions de travail. Ils ont défilé à Paris jusqu'aux Champs-Elysées où l'un des leurs a été assassiné jeudi soir.

(afp)