Tensions

30 juillet 2017 14:55; Act: 31.07.2017 06:59 Print

Les Etats-Unis s'entraînent à intercepter des missiles

Dans un contexte tendu avec la Corée du Nord, Washington a réussi l'interception-test d'un missile à portée intermédiaire.

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Les Etats-Unis ont riposté aux récents essais de missile de la Corée du Nord en envoyant deux bombardiers survoler la péninsule coréenne. (Dimanche 30 juillet 2017) (Photo: AFP)

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Les Etats-Unis ont testé avec succès l'interception d'un missile balistique à portée intermédiaire, dans un contexte de crise avec la Corée du Nord qui a tiré vendredi un engin intercontinental et affirme pouvoir atteindre désormais le territoire américain.

Le président américain Donald Trump avait prévenu samedi qu'il ne permettrait plus à la Chine de «ne rien faire» face à la Corée du Nord, qui a surenchéri dimanche en assurant qu'elle riposterait en cas de provocations militaires de Washington.

Le test du missile intercontinental (ICBM) «est cette fois-ci destiné à envoyer un sévère avertissement aux États-Unis, qui multiplient les remarques insensées, agitent frénétiquement des sanctions et une campagne visant à faire pression» sur Pyongyang, a déclaré le ministère des Affaires étrangères nord-coréen, dans un communiqué publié par l'agence officielle KCNA.

Déploiement du Thaad

Pour autant, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Nikki Haley, a jugé qu'il serait «inutile» de réunir en urgence le Conseil de sécurité de l'ONU dans ce dossier, étant donné que Pyongyang ne cesse de violer les résolutions de l'ONU. «En fait c'est pire que tout, car cela envoie le message au dictateur nord-coréen que la communauté internationale est réticente à le défier sérieusement», a-t-elle fait valoir.

Les Etats-Unis ont lancé dimanche, d'un avion cargo C17 au-dessus du pacifique, un missile qui a été intercepté par le système Thaad (Terminal High Altitude Area Defense) basé en Alaska, a précisé l'agence en charge de la lutte anti-missiles (MDA).

De son côté, la Corée du Sud a annoncé, après le tir nord-coréen, qu'elle allait accélérer le déploiement du Thaad sur son territoire, s'attirant une sévère mise en garde de Pyongyang ainsi que de Pékin, qui y est farouchement opposé. Le Thaad n'est pas conçu pour intercepter un missile balistique intercontinental. L'armée américaine compte pour cela sur un autre système, GMD (Ground-based Midcourse Defense), installé en Alaska ainsi qu'en Californie.

Le leader communiste nord-coréen Kim Jong-Un s'est félicité que l'ensemble du territoire des Etats-Unis est «à portée de tir (...) n'importe où, n'importe quand», depuis le tir d'un ICBM vendredi, le deuxième en un mois. Les experts estiment que le Nord est maintenant capable d'atteindre la côte est américaine.

«Responsabilité spéciale»

«Je suis très déçu par la Chine (...) ils ne font RIEN pour nous avec la Corée du Nord, hormis parler», a écrit Donald Trump samedi sur Twitter. «Nous ne permettrons plus que cela continue. La Chine pourrait facilement résoudre ce problème!», a ajouté le président américain.

L'ambition nord-coréenne de se munir de la puissance nucléaire pose un épineux problème à Donald Trump qui est en désaccord avec Pékin sur la manière de gérer le régime de Pyongyang. A plusieurs reprises, il a pressé la Chine de contenir les ambitions de son récalcitrant voisin, mais Pékin lui rétorque que le dialogue est le seul moyen de faire avancer les positions.

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord, a certes condamné le tir en soulignant que celui-ci viole les résolutions onusiennes, mais le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a estimé qu'«en tant que soutiens économiques du programme nucléaire balistique» de Pyongyang, Pékin, et également Moscou, portaient une «responsabilité spéciale» dans l'aggravation de cette menace.

En réaction, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont mené un exercice militaire en utilisant des missiles tactiques (ATACMS) sol-sol américain et des missiles balistiques sud-coréens Hyunmoo II. Des bombardiers américains B-1B ont également participé aux opérations, qui ont duré un peu plus de 10 heures, aux côtés de chasseurs sud-coréens et japonais.

New York à portée

Donald Trump avait déjà affirmé que «les Etats-Unis prendront les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du territoire national américain et pour protéger (leurs) alliés de la région». Le Pentagone se prépare depuis longtemps à l'éventualité d'un conflit avec Pyongyang, mais cette rhétorique plus tranchante marque une évolution.

Jusqu'ici, la stratégie américaine --sous Donald Trump ou Barack Obama-- n'a pas porté ses fruits: malgré un renforcement des sanctions internationales à l'ONU et des pressions sur la Chine, Pyongyang a poursuivi ses programmes balistique et nucléaire.

Le tir de vendredi survient après le premier test réussi le 4 juillet, jour de la fête d'indépendance des Etats-Unis, d'un missile intercontinental. Des experts estiment que le missile de vendredi serait significativement plus puissant.

Kim Dong-Yub, de l'Institut des études extrême-orientales de l'Université Kyungnam, pense que Pyongyang pourrait avoir réussi à miniaturiser des charges jusqu'à 750 kg, ce qui donnerait une portée de 10'000 km à un missile. «Cela signifie qu'il pourrait atteindre non seulement des villes de l'ouest mais également New York et Washington», dit-il à l'AFP.

L'ONU a infligé six régimes de sanctions à Pyongyang depuis 2006 mais deux résolutions adoptées l'an dernier les ont particulièrement renforcées.

(nxp/afp)