France

05 mai 2015 07:59; Act: 05.05.2015 13:26 Print

Marine à la présidence: «Ce serait scandaleux»

Jean-Marie Le Pen, leader historique du Front national, s'est dit opposé «pour l'instant» à une accession à l'Elysée de sa fille, qui vient de le suspendre du parti qu'il a fondé et qu'elle préside.

storybild

Après sa suspension du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen a dénoncé «une félonie» de sa fille. (Photo: AP)

Sur ce sujet
Une faute?

«Si de tels principes moraux devaient présider à l'Etat français, ce serait scandaleux», après sa «trahison» à son égard, déclare l'eurodéputé dans une interview diffusée mardi par la radio Europe 1. Souhaite-t-il sa victoire à la présidentielle de 2017 ? «Pour l'instant, non».

L'eurodéputé, âgé de 86 ans, juge sa fille «un peu pire» que les partis de gouvernement, l'UMP (droite) et le Parti socialiste (gauche), «parce que l'adversaire vous combat de face, là il vous combat de dos».

Cofondateur du Front national en 1972, Jean-Marie Le Pen l'a dirigé jusqu'en 2011, date à laquelle sa cadette Marine a pris le relais.

Depuis, elle s'est engagée dans une opération de «dédiabolisation», avec une mise à distance officielle des mouvements néonazis et anti-républicains, en vue de conquérir le pouvoir. Cette ligne lui a permis d'engranger des succès électoraux et elle repète à l'envi qu'elle a ses chances au scrutin présidentiel de 2017.

Divorce consommé

Défavorable à cette stratégie, Jean-Marie Le Pen a suscité un divorce entre eux il y a un mois, en reprenant des propos sur les chambres à gaz «détails» de l'histoire, qui lui ont déjà valu des condamnations en justice, puis en multipliant les provocations.

Lundi, la plus haute instance du FN, le bureau exécutif, s'est réuni en instance disciplinaire pour le juger. Par sept voix contre une, il a décidé de suspendre le patriarche et de convoquer dans les trois mois une «assemblée générale extraordinaire» afin de modifier les statuts du parti et de supprimer la «présidence d'honneur» dont il bénéficie.

Dans une autre interview diffusée par la radio RMC, Jean-Marie Le Pen se déchaîne contre ce bureau exécutif, y voyant «une assemblée de stipendiés, de courtisans, un peloton d'exécution, avec les sept mercenaires».

(afp)