France

07 novembre 2012 16:16; Act: 07.11.2012 17:55 Print

Mariage homo adopté en conseil des ministres

Un nouveau pas a été franchi mercredi en faveur du mariage homosexuel en France.

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Le gouvernement socialiste français a formellement adopté mercredi le projet de loi sur le mariage homosexuel, sous le feu roulant des critiques de l'opposition de droite et de l'église catholique. Il emboîte ainsi le pas à onze autres pays dont la Belgique, le Canada et l'Espagne.

Le mariage homosexuel sera «un progrès pas seulement pour quelques-uns mais pour toute la société», a estimé en Conseil des ministres le président François Hollande. Le «mariage pour tous» était l'une des promesses fortes de sa campagne avant son élection il y a six mois.

«C'est une étape importante vers l'égalité des droits», a déclaré pour sa part la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti.

Examen au Parlement en janvier

Selon la procédure française, le texte doit être examiné et adopté par les deux chambres du Parlement, à partir du mois de janvier, avant d'entrer en application.

«Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe», selon le projet de loi français. Conséquence: les couples homosexuels auront le droit d'adopter ensemble un enfant, tout comme les couples hétérosexuels.

Procréation assistée

En revanche, le texte gouvernemental ne prévoit pas l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, au grand dam des associations homosexuelles.

Les questions de filiation sont renvoyées à une future loi sur la famille. Les adversaires du texte présentaient ces questions comme une menace pour l'institution familiale.

La droite ne désame pas

Selon un sondage Ifop pour Le Monde paru mercredi, 65% des Français approuvent désormais le mariage homosexuel, contre 51% seulement en 1995. Il sont plus réservés en ce qui concerne l'adoption, approuvée par une courte majorité (52%).

La plus grande partie de l'opposition de droite ne désarme cependant pas. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy François Fillon a annoncé que si le texte était voté, l'opposition le remettrait en cause en cas d'alternance.

A l'image de certains maires qui font campagne pour être dispensés de célébrer les mariages homosexuels, un autre haut responsable de l'UMP, Jean-François Copé, député et maire de Meaux, a déjà prévenu qu'il ne célébrerait pas personnellement de mariages homosexuels, déléguant cette tâche à des adjoints. Pour lui, le projet du gouvernement socialiste «met par terre le code civil».

Les évêques non plus

Mais la polémique est surtout montée en puissance ces derniers jours à la faveur de l'assemblée annuelle des évêques de France, dont le président, le cardinal André Vingt-Trois, a appelé les catholiques à écrire aux élus pour les saisir de la «gravité de l'enjeu».

L'Eglise catholique ainsi que les représentants des autres courants religieux - protestants, musulmans, juifs - justifient leur opposition au projet par des arguments non seulement religieux, propres à leurs traditions respectives, mais «anthropologiques» en se réclamant de la «nature humaine».

«Une vision de l'être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société», a estimé Mgr Vingt-Trois.

Pour l'association SOS homophobie, sur les pays européens - dont l'Espagne et le Portugal - qui ont ouvert le mariage, l'adoption et la PMA aux couples de même sexe, «aucun n'a sombré dans la décadence annoncée».

Coïncidences

Hasard du calendrier, la future loi française est présentée quelques heures après l'approbation du mariage homo par référendum dans l'Etat américain du Maryland, et la validation définitive par le tribunal constitutionnel de la loi espagnole sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels.

(ats)

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